Éco du matin : La dynamique de croissance pas encore touchée fortement par l’Omicron

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Dollar COVID | Les actualités économiques et financières

Par Sebastian Paris Horvitz, Directeur de la Recherche

  • Marchés : En ce début d’année, malgré la poursuite des contagions par le nouveau variant, l’Omicron, les marchés semblent parier sur l’optimisme, redonnant des couleurs à la poursuite d’une tendance de reflation. En partie, cette vue a été confortée par les premières statistiques importantes de l’année qui nous donnent un panorama rassurant sur l’activité manufacturière. Ainsi, les enquêtes PMI pour le secteur manufacturier pour décembre 2021, en particulier en Europe comme aux Etats-Unis, sont ressorties à des niveaux toujours élevés même si en retrait par rapport aux mois précédents. Comme dans les dernières vagues de contagion, on constate donc que l’activité de ce secteur est résiliente, car les mesures de restriction de la mobilité touchent peu l’industrie. On peut néanmoins penser que le début 2022 peut s’avérer moins porteur en termes de croissance, car les activités de service devraient voir une décélération du fait de la circulation du virus, affectant en particulier le comportement d’achat des ménages.
  • En même temps, les enquêtes nous ont donné des meilleures nouvelles sur le front des contraintes pesant sur les chaînes de production. En effet, les mesures les plus regardées, que ce soit les évolutions de prix ou les délais de livraison, tout en restant élevés, se tassent un peu.
  • Cette dynamique sur l’apaisement des tensions sera un des enjeux pour 2022, car il sera déterminant pour l’évolution des prix. Toutefois, il faudra aussi suivre les éventuelles pressions salariales qui devraient accompagner une croissance qui restent robuste et des marchés de l’emploi qui se tendent.
  • Pour l’instant, c’est néanmoins bien l’optimisme qui prédomine. L’indice boursier dans les pays avancés restent proches des plus haut et les taux obligataires à long-terme sur les emprunts d’Etat se tendent depuis quelques semaines. La dynamique des bourses, nous laisse toute de même toujours avec des valorisations très exigeantes, notamment aux Etats-Unis, ce qui restera un élément de fragilité.

La dernière livraison de 2021 pour les PMI manufacturiers, nous a donné une image plutôt rassurante de l’activité. En effet, le PMI manufacturier global compilé par JP Morgan est ressorti contant à 54,2, soit un niveau similaire au mois précédente, mais indiquant toujours une croissance plutôt robuste de l’activité manufacturière mondiale.

En Zone Euro, la tendance dans la zone est restée à la décélération de l’activité comme attendue. Néanmoins, nous restons à des niveaux d’activité toujours très élevés, bien qu’en retrait des sommets atteints au printemps dernier.

En même temps, on constate tout de même des différences de dynamique. Ainsi, l’Italie semble continuer sur sa lancée de l’accélération entamée à la fin de l’été. En revanche, la France comme l’Allemagne sont toujours dans une phase de perte de vitesse. En partie, ceci traduit toujours les effets de certains goulets d’étranglement qui pèsent sur la production, en particulier sur le secteur automobile.

Même si nous devons attendre les statistiques sur les servies, qui devraient montrer un fléchissement plus marqué à cause de la pandémie, les chiffres de l’industrie sont rassurants et devraient contribuer à maintenir une activité dynamique à l’entame de 2022.

En Chine, l’activité est aussi ressortie mieux que prévu, même si l’enquête PMI officielle comme celle de Markit/Caxin montrer que l’activité reste un peu contrainte. Ceci pourrait traduire que la croissance du PIB du dernier trimestre serait moins faible que ce que nous prévoyions avec la crise du secteur immobilier et les confinements que les autorités ont mis en place sur la période.

Outre Atlantique, l’indice général de l’ISM a un peu fléchi au cours du mois. Néanmoins, la décélération à venir pourrait s’avérer plus marquée dans les mois à venir avec des nouvelles commandes en baisse. Évidemment, il faut, à ce stade, souligner que le niveau actuel des indices suggère toujours la poursuite d’une croissance solide. De fait, l’estimation pour la croissance du PIB au 4T21 de la Fed d’Atlanta, me l’activité à un niveau proche de 1,9% en rythme trimestriel.

Les enquêtes PMI ont aussi montré que les tensions au niveau des chaînes de production s’apaisent un peu dans l’industrie des deux côtes de l’Atlantique. En particulier, aux Etats-Unis, où ces tensions avaient atteint des records historiques, on commence à voir un reflux vers des niveaux plus faibles, que ce soit pour les prix payés par les entreprises comme les délais de livraison.

La persistance d’une croissance plutôt vive devrait continuer à stimuler le marché du travail. En effet, indice concernant les embauches dans le secteur manufacturier a été meilleur que prévu.

La bonne situation de l’emploi a été d’ailleurs confirmée par l’enquête de la fin du mois de décembre du Conférence board qui soulignait que le marché restait très tendu. L’écart dans l’enquête des gens disant qu’ont beaucoup de facilité pur trouver un emploi contre ceux disant que c’est difficile reste à des niveaux historiquement élevés. La poursuite de l’embellie du marché du travail est un des éléments porteurs pour soutenir la croissance pour les mois à venir.

Les données économiques plutôt favorables ont donc donné de l’entrain au marché avec une reprise du pari de reflation. Ainsi, les indices américains et européens ont retrouvé ou se sont approché des plus hauts, été ceci malgré des anticipations de hausses des taux directeurs plus rapide qu’anticipées. Certes, les segments les plus richement valorisés, notamment dans la technologie ont souffert, avec les hausses des taux d’intérêt.

Néanmoins, certaines valeurs américaines ont été de nouveau portées vers des niveaux très élevés. Ainsi, Apple a atteint une valorisation de 3 000 milliards de dollars et Tesla a atteint les 1000 milliards de dollars. Ces concentrations de valeur est sûrement une des fragilités qui pourrait affecter le marcher en 2022, avec un changement de contexte macroéconomique et de réduction de la liquidité par les grandes banques centrales.

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Sebastian Paris Horvitz - LBPAM
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Sebastian Paris Horvitz - LBPAM

Sebastian Paris Horvitz débute sa carrière en 1993 en tant qu’économiste au sein du Fonds Monétaire International (FMI). En 1999, il rejoint AXA Investment Managers au poste de Directeur de la stratégie d’investissement avant de prendre, en 2010, la Direction de la stratégie d’investissement de la région EMEA et de la gestion discrétionnaire de HSBC Private Banking. En novembre 2020, il rejoint La Banque Postale Asset Management en qualité de Directeur de la Recherche.

Sebastian Paris Hovitz est diplômé de l’Université Paris-IX Dauphine et de l’ENSAE.

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