Le monde n’est pas encore sur la voie de la transition

L’observatoire Climate Chance est une association internationale qui fédère l’ensemble des acteurs non-étatiques reconnus par la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), notamment les collectivités locales, les entreprises, les ONG, les syndicats et la communauté scientifique. Le but de l’association est de faire émerger des priorités et des propositions pour limiter le changement climatique.

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Depuis 4 ans, Climate Chance publie annuellement une analyse concernant l’action climatique au niveau mondial, notamment dans les grands secteurs d’émissions : énergie, transports, bâtiments, industrie, déchets, usage des sols. Le 29 novembre 2021, six ans après l’adoption de l’Accord de Paris et au lendemain de la COP 26, l’association a publié son analyse dressant un nouveau bilan, qui prend en compte les initiatives des États mais également celles des collectivités et des sociétés : selon ce rapport, nommé « Bilan mondial de l’action climat par secteur », le monde est encore bien loin de l’alignement avec le scénario 1,5°C.

En particulier, les émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau mondial sont toujours en hausse et le modèle de production et de consommation ne semble pas être suffisamment remis en cause. Le mix énergétique mondial est encore largement dominé par les énergies fossiles (61 % fossiles, 39 % renouvelables/bas carbone). La dépendance au charbon permet de classer les régions en différentes catégories : celles qui s’en détournent (États-Unis, Europe) et celles où le charbon a conservé le soutien des pouvoirs publics (Asie-Pacifique). Les émissions de GES liées à l’énergie devraient encore croître de 4,4 % en 2021 par rapport à 2020 dans les pays du G20, atteignant un niveau proche de celui de 2019. Des résultats encourageants viennent de l’Union européenne, qui a vu ses émissions de GES se réduire d’au moins 20 % depuis 1990.

Un autre indicateur négatif concerne l’usage des sols. Selon le rapport, 2020 a été la troisième année la plus dévastatrice pour les forêts primaires, avec 12,2 millions d’hectares forestier perdus, dont 4,2 millions de forêts tropicales : en 2020, le taux d’augmentation de la déforestation au niveau mondial a été de +12 % par rapport à 2019 (+25 % au Brésil).

Selon le rapport, des éléments vont aussi dans le bon sens. Par exemple, les énergies renouvelables ne cessent de progresser. En particulier, plus d’un tiers de la production mondiale d’électricité en 2020 a été assurée par des énergies bas carbone. Une deuxième bonne nouvelle concerne le secteur automobile : le marché des véhicules électriques apparaît comme l’un des rares secteurs auxquels la crise a profité. En 2020, les ventes de voitures électriques ont dépassé pour la première fois la barre des 10 millions d’unités vendues, soit une progression de +43 %.

Nous semblons ainsi vivre dans une société en forte contradiction, entre augmentation des émissions de gaz à effet serre et transition énergétique : la Chine est un exemple emblématique de cette contradiction. Elle est de loin le pays le plus polluant en termes de volume de dioxyde de carbone émis en 2020, et il est à l’origine d’environ 80 % des nouvelles centrales à charbon; Cependant la Chine est aussi le leader des énergies renouvelables, avec environ 50 % des nouvelles capacités installées au niveau mondial.

Le secteur automobile semble aussi suivre cette même logique : l’électrification des véhicules et l’augmentation de leurs ventes sont des facteurs très positifs mais près de deux tiers des véhicules électriques vendus dans le monde sont des SUV ou des grosses berlines, avec une empreinte carbone plus élevée que la moyenne.

Les plans de relance déployés par les États pour faire face à la crise de Covid-19 confirment aussi la contradiction avec la transition énergétique. Selon l’Energy Policy Tracker, think-tank composé par de nombreux centres de recherche au niveau international sur le changement climatique, les pays du G20, depuis le début de la pandémie, se sont engagés à investir plus de 700 milliards de dollars dans leurs économies, dont environ 41 % (295 milliards) pour des secteurs carboémetteurs et 37 % (231 milliards) pour des secteurs bas-carbone.

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