Le plein emploi aux Etats-Unis est proche

Malgré l’arrivée de la cinquième vague de contagions aux Etats-Unis, la dynamique de l’économie américaine reste robuste. En particulier, le marché de l’emploi reste un des éléments importants d’ancrage pour continuer à soutenir la consommation. 

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Emploi-USA | Les actualités économiques et financières
  • Pandémie : La 5e vague en Europe force les gouvernements à introduire des contraintes de mobilité, générant des criantes sur l’impact sur la croissance. En outre, les informations contradictoires qui circulent sur l’Omicron sont une autre source d’anxiété. Sur la 5e vague, il est difficile de penser que les mesures prises jusqu’à maintenant vont infléchir fortement l’activité économique. Il est certain, comme nous l’avions intégré dans nos prévisions que quelques dixièmes points de croissance peuvent être perdus à court terme en Europe. Aux Etats-Unis, cette 5e vague est aussi arrivée, mais elle semble contenue, même si dans certaines régions, on constate des fortes hausses des hospitalisations. Néanmoins, même s’il faut rester prudents, nous pensons toujours que la vaccination devrait permettre d’éviter un approfondissement de cette crise sanitaire et surtout son impact sur l’activité économique.
  • Concernant l’Omicron, Pfizer dans des résultats très préliminaires a indiqué qu’effectivement la double vaccination actuelle pourrait ne pas être assez efficace contre ce variant, mais qu’une 3e dose devrait être protectrice.
  • Marchés : Les investisseurs risquent de vivre encore dans les flux de nouvelles contradictoires sur la situation sanitaire mondiale pour encore quelques semaines. Aussi, a semaine prochaine, sera un moment important pour les marchés afin de clarifier les intentions de la BCE comme de la Fed concernant leurs intentions sur la politique monétaire pour les trimestres à venir.
  • La trajectoire pour la Fed semble plus claire. En effet, l’économie américaine continue de montrer un fort dynamisme, d’autant plus que pour l’instant, la 5e vague semble ne pas s’emballer sur le sol américain, comme ce fut en Europe. Cette robustesse économique est notamment reflétée dans un marché de l’emploi qui reste porteur. En outre, aujourd’hui, nous verrons ce que nous disent les prix hors énergie, sachant que le prix du pétrole devrait contribuer quelque peu à atténuer la hausse sur le mois et l’évolution en glissement annuel qui devrait s’approcher des 7% ! Ainsi, la Fed devrait annoncer qu’elle va accélérer la baisse des achats d’actifs.
  • Pour la BCE, le pilotage pourrait s’avérer plus complexe compte tenu des conditions sanitaires. Néanmoins, le marché attendra de savoir de combien l’APP pourrait être gonflé pour effecteur une transition plus modérée vers la suppression du PEPP en mars prochain.
  • Aussi, après l’optimisme suscité par l’annonce du pulitburo du Parti communiste chinois concernant sa volonté de préserver la croissance et les premières mesures prises pour stimuler le crédit, y compris dans le secteur immobilier, des interrogations persistent sur la stimulation à venir. Toutefois, pour l’ensemble des observateurs, les signes donnés par les dirigeants, sont bien ceux d’un retournement de la politique économique vers une stimulation de l’activité économie. Pour l’instant, l’un des moteurs de la croissance reste le commerce extérieur. L’excédent commercial ne cesse de gonfler aident à maintenir la devise chinoise à un niveau élevé.

Malgré l’arrivée de la cinquième vague de contagions aux Etats-Unis, la dynamique de l’économie américaine reste robuste. En particulier, le marché de l’emploi reste un des éléments importants d’ancrage pour continuer à soutenir la consommation. Malgré les chiffres moins forts qu’attendus sur les créations d’emplois en novembre dans l’enquête d’emploi auprès des entreprises, des nombreux signes continuent de s’accumuler sur la solidité du marché du travail. Évidemment, le plus marquant d’entre eux est bien la baisse du taux de chômage.

Les dernières statistiques publiées vont aussi dans ce sens. Ainsi, apparemment, nous nous trouvons toujours dans une situation d’excès d’offre de travail par rapport à la demande, et ce, malgré un taux de chômage, certes très bas, mais au-dessus du niveau de celui d’avant crise. Ainsi, la statistique sur les offres de postes de travail du ministère du travail, JOLTS, pour le mois d’octobre reste accrochée au sommet. En fait, elle vient de nouveau de rebondir pour atteindre un niveau historiquement élevé, déjà vu en juillet dernier. Plus de 11 millions de postes de travail seraient offerts en ce moment. Du jamais-vu ! Il est probable que cette statistique puisse souffrir de quelques distorsions, comme des nombreuses autres, dues à la crise sanitaire, mais elle est tout de même remarquable. Pour mémoire, le nombre de demandeurs d’emploi officiels est de 6,8 millions. Cette situation peut conforter l’idée que des pressions sur les salaires peuvent s’accentuer sur la période à venir.

Etats-Unis : Des offres d'emplois qui restent à un niveau historique

Dans la même veine, la statistique sur les demandes d’indemnisations chômage hebdomadaires pour la première semaine de décembre a atteint le niveau le plus bas depuis 1969 ! Évidemment, il ne faut pas sur-interpréter ce chiffre, car des facteurs saisonniers peuvent perturber cette statistique, mais ce qui est important à retenir est que la tendance est à une baisse rapide des demande d’indemnisation et donc très peu de licenciements. En fait, tout porte à croire que nous nous retrouvons déjà dans la situation qui prévalait avant la crise.

Etats-Unis : marché de l'emploi toujours porteur

Comme la Fed n’a cessé de nous le répéter, son principal objectif est de s’assurer que le marché de l’emploi retrouve la force qu’il avait avant la pandémie. La majorité des statistiques vont dans le sens d’un marché de l’emploi très robuste. En fait, nous sommes proches voire très proches du plein-emploi. Certes, reste le taux d’activité qui se maintient à un niveau bien plus bas qu’avant la crise et les déficits d’emplois dans certains secteurs très touchés par la crise sanitaire, comme la restauration.

Toutefois, la Fed ne peut pas continuer à attendre pour normaliser sa politique ou adopter l’approche de gradualisme préconisé jusqu’ici. D’autant plus que son deuxième objectif, l’inflation, reste à des niveaux historiquement élevés.

On les ait tous, certains facteurs qui expliquent la forte hausse des prix devraient s’apaiser au cours du temps avec la normalisation de l’activité en sortant de cette crise sanitaire, mais on voit bien que des mécanismes inattendus ont créé des dynamiques qui risquent de maintenir une inflation plus élevée que l’objectif de 2% qu’elle se donne à moyen terme.

La statistique des prix (l’IPC) qui serait publiée aujourd’hui devrait continuer à monter certaines pressions, même si la baisse récente du prix du pétrole devrait atténuer la hausse de l’indice général. Toute même, en glissement annuel, on va s’approcher de 7% d’inflation ! Il est difficile de penser que l’inflation va reculer de manière forte dans les trimestres à venir dans un contexte de poursuite de la croissance et de plein-emploi.

Ainsi, la Fed la semaine prochaine devrait nous donner une indication plus claire sur ce qu’elle entend par l’accélération de la baisse de ses achats d’actifs et, de manière plus importante, elle devra donner des indications sur la possibilité de prochaines hausses de taux directeurs en 2022. Ce serait un moment important pour les marchés en cette fin d’année.

Les autorités chinoises semblent être arrivées à la limite de leur tolérance sur la décélération de l’activité économique. La déclaration à la sortie politburo du Parti communiste du mois de décembre défendant l’idée de soutenir la croissance semble bien avoir donné le coup d’envoi à une relance de l’activité. Des premières mesures ont déjà été prises afin de stimuler le crédit avec la baisse des réserves obligatoires de banques, mais aussi sur les assouplissements pour l’octroi de crédits aux promoteurs immobiliers viables financièrement comme aux ménages désirant accéder à la propriété. D’autres mesures sont attendues, mais à ce stade, il n’est pas encore clair quel sera la nature du rebond et l’impulsion que sera donnée à l’économie. Surtout, des doutes persistent sur la gestion des entreprises du secteur immobilier et ses conséquences sur l’activité, comme la faillite d’Evergrande.

Pour l’instant, ce qu’il faut retenir est que la tendance à la décélération de l’économie chinoise devrait s’arrêter et qu’un rebond à court terme devrait se manifester, comme nous l’anticipions en début de 2022.

En même temps, la croissance chinoise reste soutenue par son commerce extérieur. En effet, la Chine continue à accumuler des très fort excédents commerciaux même si l’excédent commercial en novembre a été un peu moins faible qu’attendu. Certes, ces chiffres reflètent des mouvements de prix relatifs, mais aussi la force de la machine chinoise à exporter.

La hausse du prix des matières premières et donc le renchérissement des importations a été et reste un sujet important pour les autorités et elles ont d’ailleurs tenté d’atténuer leur impact au niveau des producteurs.

Un des facteurs qui a contribué à l’atténuer, en partie, cette hausse a bien été l’appréciation du yuan. En effet, le yuan a été une de seules devises aux mondes à avoir résisté à l’appréciation du dollar au cours de la période récente. Cette hausse tient aussi en partie à cette montée des excédents commerciaux chinois.

Avec un changement de politique économique, qui viserait à relancer l’économie, il est possible que cet excédent extérieur vienne à s’amoindrir et puisse se traduire par un yuan plus faible. Mais comme nous le savons, le yuan est aussi un instrument stratégique pour les autorités. Il n’empêche qu’une relance économique pourrait atténuer la tendance haussière du yuan à moins que les investisseurs retrouvent la confiance et des flux acheteurs vers les actifs chinois reviennent avec force.

China : Le commerce extérieur comme source de croissance... et appréciation du yuan

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