L’inflation devrait pousser la Fed à agir plus rapidement

Nous allons tourner la page de 2021 avec toujours le Covid perturbant la vie de nos sociétés. Alors que la 5e vague n’est pas maîtrisée en Europe et qu’elle est arrivée, même si pour le moment de manière moins virulente, aux Etats-Unis, c’est bien l’Omicron, le nouveau variant venant d’Afrique australe qu’inquiète. Non seulement sa présence croît dans nombre de pays, mais l’accélération du nombre de cas est tout aussi fulgurante que la montée de contagions connues avec la cinquième vague du Delta.

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  • Pandémie : La 5e vague en Europe n’est pas encore maîtrisée, même si les pays ayant connu les plus fortes progressions, comme l’Autriche et la Belgique, voient une baisse des contagions. En revanche, la France ne semble pas encore avoir atteint le pic des nouveaux cas. Par ailleurs, l’Omicron continue sa progression. Alors qu’en Afrique du Sud, 100% des nouveaux cas sont dus à l’Omicron, en Europe, les pourcentages restent faibles même s’ils croissent rapidement. Quoi qu’il en soit la question de la protection des vaccins et traitements existants reste ouverte ainsi que celle de la dangerosité de ce variant. L’inquiétude devrait persister et devrait s’inviter à la table des discussions des réunions de politique économique de la Fed et de la BCE cette semaine. Malgré la prudence nécessaire, en se fiant à l’expérience acquise sur la lutte contre le virus, on peut penser que la croissance économique sera moins contrainte par les mesures qui seront prises pour contrer le virus par les autorités, et donc que la croissance va perdurer, même si elle sera affectée.
  • Marchés : L’anxiété reste vive sur les marchés, même si les bourses, notamment en Europe et encore plus aux Etats-Unis, ont récupéré une grande partie de ce qu’avait été perdu à la fin du mois de novembre. En partie, la poursuite de la remontée à court terme dépendra sûrement de ce que nous apprendrons sur l’Omicron et sur les intentions des banquiers centraux cette semaine. La Fed, en particulier, a une nouvelle donnée à méditer avant sa prise de décision cette semaine. En effet, les chiffres de l’inflation ont montré, comme attendue, que l’inflation reste très élevée. À 6,8 % en glissement annuel pour le mois de novembre, on retrouve un niveau jamais atteint depuis le début des années 1980. Des goulots d’étranglement persistent au niveau de la production dans une économie dont la demande reste forte, hyper stimulée par la politique économique. La dynamique de l’inflation doit être modérée par une sortie sûrement plus rapide de l’accommodation monétaire actuelle. C’est bien le calibrage de cette vitesse qui est l’enjeu essentiel de cette dernière réunion de politique monétaire de l’année.

Nous allons tourner la page de 2021 avec toujours le Covid perturbant la vie de nos sociétés. Alors que la 5e vague n’est pas maîtrisée en Europe et qu’elle est arrivée, même si pour le moment de manière moins virulente, aux Etats-Unis, c’est bien l’Omicron, le nouveau variant venant d’Afrique australe qu’inquiète. Non seulement sa présence croît dans nombre de pays, mais l’accélération du nombre de cas est tout aussi fulgurante que la montée de contagions connues avec la cinquième vague du Delta.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a décidé d’accélérer le pas de l’injection d’une 3e dose à toute la population tout en prenant quelques mesures de distanciation sanitaire. Sur ce dernier point, le gouvernement britannique avait eu comme stratégie de maintenir une approche très libérale en n’imposant que peu de contraintes, y compris sur le port du masque. Ceci a eu pour conséquence le maintien d’un niveau assez élevé de contagions depuis des nombreux mois de l’autre côté de la Manche, contrastant avec la situation dans l’Union européenne.

Covid: Le Royaume-Uni a maintenu un niveau de contagions très élevé depuis l'été

L’affaiblissement de l’immunité de la population, déjà assez fortement vaccinée, avec le temps qui passe et donc la possibilité d’une dégradation de la situation sanitaire a poussé le gouvernement a un changement de politique, mais sans opter pour des mesures draconiennes de restrictions.

Évidemment, l’arrivée du variant Omicron est une des raisons. En effet, celui-ci continue de progresser dans des nombreux pays. Même si sa part dans les nouvelles contagions reste faible, il progresse de manière très rapide et les scientifiques craignent qu’il ne vienne supplanter le variant Delta, vu sa forte contagiosité.

Omicron : Une présence encore faible mais qui grandit peu à peu

Pour l’instant, il faut continuer de s’armer de patience pour avoir une vue scientifiquement plus précise sur les caractéristiques de ce nouveau variant, notamment de sa dangerosité. Ce qui est certain, toutefois, est la nécessité d’accélérer la vaccination des populations avec une troisième dose. Tout aussi important est l’accélération de la vaccination des pays émergents, car même s’il semble inutile de le rappeler, tant que le virus circule fortement dans des populations faiblement protégées, des fortes mutations sont possibles, avec le risque d’être confrontés à des variantes potentiellement plus dangereuses, même si l’histoire semble montrer que l’évolution de ces virus est pour une baisse de leur agressivité.

Malgré la prudence et l’anxiété que cette situation peut générer, il nous semble que les banquiers centraux cette semaine, tout en soulignant les risques potentiels que pourrait poser la maladie sur les économies, forts de l’expérience passée, ne devraient pas considérer dans leur scénario central que l’effet sera d’une ampleur considérable. Ainsi, ils ne devraient pas changer la vue qui s’est dessinée ces derniers mois de réduire la stimulation monétaire actuelle.

Aux Etats-Unis, nous avons eu la confirmation de l’accélération de l’inflation en glissement annuel au cours du mois de novembre. En s’établissant à 6,8%, soit le niveau le plus élevé depuis 1982, on ne peut qu’acter que l’idée d’un simple effet temporaire n’est pas la bonne.

Il est certain que la très forte contribution du prix de l’énergie (6,1% de hausse sur le mois de novembre) à l’augmentation des prix devrait se calmer. En effet, le prix du pétrole a fortement renfloué depuis la fin novembre et pour l’instant reste en dessous des niveaux constatés en novembre. En outre, pour 2022, même si l y a désaccord sur l’évolution du prix du pétrole, il est peu probable que nous ayons la même contribution du prix de l’énergie l’année prochaine.

Toutefois, la hausse des prix va bien au-delà du prix de l’énergie. L’inflation cœur, c’est-à-dire en excluant les prix des biens les plus volatils, soit les aliments et l’énergie, est ressortie à 4,9% soit encore une fois un chiffre jamais vu depuis des décennies. En partie, ceci s’explique par des nouvelles hausses sur certains prix qui sont affectés par des fortes contraintes au niveau de l’offre comme sr les automobiles. Ainsi, après une légère accalmie, ils sont repartis à la hausse et fortement.
Mais encore une fois, même en excluant certaines évolutions extrêmes de prix, l’inflation continue à progresser rapidement. C’est ce qu’on peut lire dans la mesure proposée par la Fed de Cleveland qui enlevait de manière symétrique les prix des biens en très fortes hausses et les fortes baisses. Cette mesure a atteint un niveau aussi historiquement élevé.

Etats-Unis : L'inflation au plus haut depuis les années 1980

Le débat pour savoir si l’inflation soit ou non transitoire semble aujourd’hui peu pertinent pour guider la politique économique. En effet, les tenants de l’aspect transitoire pointent aux effets de base et au soulagement des goulets d’étranglement actuels. Tous ces effets sont vus comme des choc d’offre, certains vont évidemment se dissiper. Il n’empêche que non seulement, nous ne savons pas quand ces goulets vont se dissiper et quelle dynamique ceci peut engendrer sur les prix, mais c’est refuser de penser que le choc de demande qui a stimulé notamment la consommation de manière extrêmement forte est aussi une des causes majeures de la hausse des prix.

Maintenir une politique aussi fortement stimulante que celle qui prévalait jusqu’à maintenant semble simplement erroné.

Pour donner un exemple, la reprise du secteur de la construction, qui avait connu un fléchissement, après l’explosion de l’activité à partir du milieu de 2020, à cause de la hausse des coûts et la montée des taux d’intérêt à long terme en début 202, a repris des couleurs. Cette hausse de l’activité a été stimulée par la persistance de taux d’intérêt réels à des niveaux extrêmement bas. Le résultat a été le retour des tensions sur le bois de construction, dont le prix avait fortement reculé.

Etats-Unis : prix du bois de construction... se tend de nouveau

La dynamique de resserrement de la politique monétaire n’est évidemment pas simple vu le contexte. Néanmoins, plus la banque centrale américaine agira rapidement plus les risques de devoir être trop agressive dans le futur et avoir un impact trop sévère sur l’activité sera faible.

Un des mécanismes qui pourrait rendre plus visqueuses les évolutions des prix, c’est-à-dire maintenir l’inflation à des niveaux plus élevés que désirés sont les anticipations des agents. Les enquêtes auprès des ménages, comme celle de la Fed de New York, montrent que les anticipations sur 1 an ou 3 ans sont les plus élevés depuis très longtemps.

Etats-Unis : les anticipations d'inflation restent très élevées

Ces anticipations, non seulement, peuvent avoir des impacts sur les demandes de hausses de salaire, notamment dans un contexte de marché du travail tendu comme c’est le cas outre Atlantique, mais entamer le moral de ménages et affaiblir la consommation tout en fragilisant les entreprises.

De fait, les enquêtes auprès de ménages continuent de montrer que l’évolution de l’inflation est un des facteurs qui affectent le plus la confiance. C’est ce que nous a raconté l’enquête de l’Université du Michigan pour le début du mois de décembre, même si elle est en légère amélioration.

Etats-Unis : la confiance des consommateurs reste affectée par l'inflation

Pour l’instant, cette confiance faible n’a pas entamé l’appétit de consommation. En effet, la force du marché de l’emploi reste un soutien qui devrait persister, d’autant plus que la politique économique sera ajustée de manière graduelle, mais modérant aussi rapidement que possible une trop forte stimulation. Ce n’est pas un exercice simple.

Le marché obligataire reste sceptique sur la trajectoire de la politique monétaire. Il croit à quelques hausses de taux d’intérêt, mais pas davantage. Il ne croit pas à plus de croissance et encore moins à plus d’inflation qu’anticipé. Ainsi, les taux logs restent un soutien considérable pour l’économie avec des taux réels extrêmement négatifs.

Malgré toutes les incertitudes sur l’avenir, les calculs sur la prime de terme que le marché exige pour être rémunérés de rester négatifs.

Etats-Unis : Malgré toutes les incertitudes existantes, la prime de terme reste négative

En fait, fort de décennies d’inflation faible et des politiques monétaire accommodantes, le marché ne croit pas à un changement de séquence. 2022, nous donnera sûrement un début de réponse. Revendrions-nous au monde d’hier ou c’est une nouvelle donne qui commence ?

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