Omicron ne connaît pas la trêve des confiseurs

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Bourse CAC 40 | Les actualités économiques et financières

L’optimisme est généralement de mise en cette période festive. Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’Omicron ne connaît pas de trêve et les semaines à venir seront critiques pour mesurer l’impact des mesures de précaution sanitaire prises ici et là dans le monde face à ce nouveau variant.

Les marchés actions ont néanmoins été marqués par une poursuite de l’appétit pour le risque et on pourrait même se laisser porter par la magie de Noël d’un petit rallye de fin d’année (sur la semaine passée, le S&P et le CAC 40 ont chacun progressé de 2,3% et le Nasdaq de 3,2%). Le marché achète finalement un cadeau de fin d’année que l’on peut résumer comme suit : Omicron est certes plus contagieux mais sa dangerosité semble plus faible et l’efficacité des vaccins (cf. les annonces de Novavax et d’AstraZeneca) ainsi que le déploiement annoncé de nouveaux traitements (autorisation reçue de la FDA pour le traitement de Merck faisant suite à celle reçue par Pfizer) permettent de rêver à des lendemains meilleurs. Le principe de précaution amène néanmoins de nombreux pays à renforcer les restrictions sanitaires. Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, la barre des 100 000 cas positifs recensés en 24h a été franchie ce 25 décembre en France. Un autre chiffre laisse également perplexe face à l’optimisme ambiant : plus de 2100 vols ont été annulés ce lundi à travers le monde. D’après le site Flightaware, ces perturbations impacteraient surtout la Chine, l’Indonésie et les États-Unis. Sans vouloir jouer les trouble-fêtes, il est certain que les mesures de restrictions sanitaires prises un peu partout dans le monde face à Omicron pénaliseront l’activité durant les prochaines semaines. Un risque nous semble finalement assez peu pris en compte : celui de l’impact d’Omicron en Chine. Avec la politique chinoise du « zéro-Covid », le risque d’un nouveau choc sur les chaînes de production et d’approvisionnement existe alors que la situation en la matière semblait se normaliser. La Chine, disposant vraisemblablement de vaccins moins efficaces et ayant la pression de l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver, n’hésite pas à confiner une partie de sa population. Voilà de quoi entretenir également une inflation avec laquelle il va falloir compter.

Les marchés semblent ainsi faire, pour l’instant, fi du risque d’impacts des mesures de restrictions sanitaires prises face à Omicron. Ils ont plutôt acheté les bonnes statistiques économiques américaines (progression de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université de Michigan à 115,8 en décembre contre 111,9 en novembre et 110,8 attendus ; progression des ventes au détail US de 8,5% du 1er novembre au 24 décembre par rapport à la même période en 2020 selon Mastercard). Autres facteurs d’espoir : l’annonce de discussions entre les Etats-Unis et la Russie à propos de l’Ukraine en janvier. Une accalmie serait bienvenue car la situation est tendue en Europe avec l’envolée des prix du gaz et donc de l’électricité. C’est ici aussi un facteur d’inquiétude sur les prévisions de croissance et d’inflation. L’impact de cette hausse marquée des coûts de l’énergie sur les coûts de production commence clairement à se faire sentir et une normalisation de l’offre serait bienvenue. La Russie de Vladimir Poutine joue avec le robinet d’approvisionnement en cette période hivernale (le cours européen de référence, le TTF néerlandais, est dix fois supérieur à celui observé il y a un an et en hausse de 90 % depuis début décembre).

Dernier point d’attention qu’il faudra suivre de près : l’avenir du second volet de relance Build Back Better aux Etats-Unis. Le blocage imposé par le sénateur démocrate « rebelle », Joe Manchin, s’il semble temporaire tant les pressions sont grandes, pourrait avoir des conséquences sur les prévisions de croissance aux Etats-Unis. La démocrate Pramila Jayapal a exhorté ce dimanche le président Biden à faire bouger les lignes sur le sujet et lancé un appel à Joe Manchin.

Par Sébastien GRASSET, Membre du Directoire – Directeur de l’Asset Management

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