Aperçu de la façade de la BCE avec des drapeaux européens.

À la recherche du taux neutre ?

Même si le concept est ancien, le taux neutre est le terme à la mode ces dernières semaines dans tous les discours des banquiers centraux

Lors d’un événement organisé par The Wall Street Journal au mois de mai, J. Powell a déclaré « ce que nous devons voir, c’est une baisse de l’inflation d’une manière claire et convaincante et nous allons continuer à insister jusqu’à ce que nous la voyons» et rajoute ensuite « si cela implique de dépasser les niveaux largement compris de ‘neutre’, nous n’hésiterons pas à le faire ». (1)

Même si le concept est ancien, le taux neutre est le terme à la mode ces dernières semaines repris dans tous les discours des banquiers centraux. Il est certes nécessaire de revenir aux concepts fondamentaux de la littérature économique comme pour ajouter un peu plus de crédibilité à leurs actions. Essayons de définir ce fameux taux neutre. Sur un plan académique, le taux d’intérêt neutre, parfois appelé taux d’intérêt naturel, est le taux d’intérêt réel (net d’inflation) qui permet à l’économie de fonctionner au plein emploi et à la production au niveau maximal tout en maintenant l’inflation constante. En d’autres termes, le taux neutre sera toute chose égale par ailleurs au taux de croissance tendanciel de l’économie utilisé en économétrie (2).

Le taux neutre est en fait un taux théorique. Il existe plusieurs définitions et donc plusieurs méthodes de calcul empirique. C’est le taux (réel ou nominal) qui serait sans effet sur une économie à l’équilibre et affichant les deux objectifs de la FED : plein emploi et inflation à 2 %. Une idée simple mais tout aussi complexe dans l’application. En pratique, il est très difficile de fixer ce chiffre. Il y a différentes façons de le définir et presque autant de vues sur ce que doit être son niveau.

Le taux neutre où les pressions sur les prix s’atténuent et où la production est proche des pleines capacités, ne peut être mesuré mais seulement estimé voire même expérimenté. Il s’agit également d’un objectif mobile qui évolue au fil du temps. Avant 2008, on pensait qu’il était d’environ 5 % dans les économies avancées. En ce moment, il évoluerait entre 2 % et 3 %. Au sein de l’institution elle-même, les membres du comité de politique monétaire du FOMC divergent sur ce que doit être ce taux parfait, comme le montrent les écarts dans leurs projections trimestrielles.

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