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Actions japonaises : commentaire d’investissement

Les faits : L’économie japonaise a commencé à ressentir l’impact des confinements de la Chine, qui sont venus s’ajouter à la pression persistante de la hausse des coûts. Pourtant, les consommateurs envisageaient la fin de la pandémie, et les entreprises (qui, grâce à la faiblesse du yen, ont réalisé des bénéfices corrects) la fin des restrictions en Chine.

Comme le montrent les derniers indicateurs publiés pour le mois d’avril, la politique drastique du zéro-covid a eu un coût économique sévère pour la Chine. La croissance des exportations a été la plus faible en deux ans, tandis que la production industrielle et les ventes de détail ont chuté respectivement de 2,9 et 11 % en glissement annuel. À la fin du mois, cependant, le nombre quotidien de nouveaux cas de Covid-19 était inférieur à 100 pour l’ensemble du pays, ce qui a permis au gouvernement d’envisager un assouplissement des restrictions. En particulier, le centre manufacturier de Shanghai était sur le point de reprendre sa pleine activité début juin. Les PMI préliminaires pour le mois de mai ont donc bien rebondi, mais sont restés sous le seuil de 50 qui sépare la contraction de l’expansion. Par ailleurs, Pékin semblait déterminé à soutenir l’économie, avec des mesures allant de la baisse des taux hypothécaires pour secourir le marché immobilier à des réductions d’impôts sur les voitures, en passant par des allégements fiscaux pour les entreprises les plus touchées par la crise.

La Chine étant le premier partenaire commercial du Japon, cela devait nécessairement affecter l’économie nippone. Entre mars et avril, la production industrielle a chuté de 1,3 %. Plusieurs grandes entreprises, de Toyota à Nintendo, ont annoncé qu’elles ne pourraient pas produire autant qu’elles le souhaitaient en raison de la pénurie de semi-conducteurs et des perturbations logistiques. Les exportations réelles vers la Chine ont également diminué à un rythme à deux chiffres au cours de la même période, tandis que les expéditions vers les États-Unis et l’Europe se sont également affaiblies. Cette situation s’est ajoutée à la pression continue exercée par les prix de l’énergie et des matières premières, en raison du conflit persistant en Ukraine. La hausse des prix à la production a encore accéléré en avril, atteignant un rythme annuel de 10 %. La situation s’est même aggravée depuis. Les prix de l’énergie ont encore augmenté d’environ 10 % entre avril et mai, l’UE s’étant mise d’accord pour arrêter la plupart de ses importations de pétrole russe d’ici la fin de l’année (ce que le Premier Ministre japonais Kishidan-san envisageait également de faire), et les prix du blé ont regagné près de 5 %.

En comparaison, les prix à la consommation ont progressé à un rythme beaucoup plus modeste (2,5 % en glissement annuel), qui était toutefois le plus élevé depuis 2008 (si l’on exclut la période où la hausse de la TVA a faussé les comparaisons). Une partie de l’accélération s’expliquait par le franchissement de la date anniversaire des baisses de tarifs dans le secteur des communications mobiles, mais une autre partie venait clairement des augmentations finalement introduites par les entreprises japonaises. Plusieurs enquêtes de la Teikoku Databank ont montré que près de deux tiers des entreprises interrogées avaient monté leurs prix ou prévoyaient de le faire d’ici à la fin de…

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