Pricing power | Les actualités économiques et financières

Actions : Stop ou encore ?

Les marchés actions viennent de réaliser un formidable parcours depuis deux mois et demi, et le CAC 40 (pas forcément représentatif des indices mondiaux) s’apprête à finir l’année à environ 5 % de ses niveaux de fin d’année 2021. À l’origine de ce rebond, les espoirs du marché obligataire mais surtout ceux de voir les bénéfices des sociétés résister en 2023. Il est d’ailleurs intéressant de constater que les analystes financiers anticipent même encore à ce stade une légère progression de ces derniers. Ceci nous semble optimiste dans la mesure où, dans le passé, une croissance mondiale inférieure à 2,5 % n’a jamais permis aux bénéfices de ne pas régresser d’une année sur l’autre. De notre point de vue, cette baisse pourrait être modérée et n’atteindre qu’une dizaine de pourcents. Le marché se « paierait alors » autour de 13x 2023, ce qui ne serait pas prohibitif si les taux à long terme ne s’éloignent pas trop du niveau actuel. Les marchés pourraient d’autant plus accepter ce ratio que les organismes de prévisions économiques considèrent que la croissance mondiale, après la faiblesse passagère de l’année prochaine, pourrait retrouver dès 2024 un rythme plus proche des 3 %, qui lui, engendre une hausse des profits. Nous le voyons bien, en l’absence de mauvaises surprises sur le front de l’inflation et des politiques des Banques Centrales, la poursuite de la hausse des marchés actions sera conditionnée à la stabilisation des prévisions de croissance.

Dans ce contexte, nous n’avons pas de préférence d’un point de vue géographique. L’arrêt de la tension sur les taux longs devrait logiquement favoriser les valeurs de croissance très présentes au sein des indices américains mais beaucoup de valeurs cycliques sont décotées en Europe et devraient donc permettre au vieux continent de résister. Nous pourrons néanmoins souligner le rebond des actions chinoises qui n’est peut-être pas encore fini. Enfin, les marchés émergents devraient profiter de la réouverture de l’équipe chinoise favorisée par l’allégement des contraintes sanitaires drastiques. Ce raisonnement vaut évidemment également pour les styles.

Alors, stop ou encore ? Nous sommes relativement confiants à l’échéance d’un an pour les raisons exposées précédemment et ne serions pas étonnés de voir les principaux indices de la planète retrouver les plus hauts historiques atteints en début de l’année avant l’invasion de l’Ukraine. Cependant, à plus court terme, nous ne sommes pas à l’abri d’à-coups qui pourraient être générés par des données économiques ravivant les craintes inflationnistes et de fait jeter un doute sur un assouplissement des conditions monétaires. C’est pour cette raison qu’après avoir relevé d’un cran notre recommandation sur les marchés actions fin septembre puis l’avoir ramenée à la neutralité suite à la hausse fulgurante, nous préférons maintenir cette prudence pour ce début d’année. Gageons que les interrogations sur l’inflation, le ralentissement économique, et le contexte géopolitique donneront l’occasion de se repositionner.

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