Crise énergétique | Les actualités économiques et financières

Alerte sur le charbon !

Les centrales à charbon ont tourné à plein régime en 2021 : c’est l’inquiétante conclusion du rapport « Coal 2021 » publié récemment par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le charbon, qui est considéré comme la source la plus polluante parmi les énergies fossiles, a satisfait plus de la moitié de la hausse de la demande d’électricité en 2021.

Le charbon a ainsi eu en 2021 la hausse la plus importante en pourcentage depuis 2010. En valeur absolue (plus de 1 500 térawattheures), l’augmentation de l’année dernière est la plus forte jamais enregistrée, selon les calculs de l’AIE.

Au total, la production mondiale d’électricité en 2021 a reposé à 62 % sur les énergies fossiles, dont 36 % pour le seul charbon, à 28 % sur les énergies renouvelables et à environ 10 % sur l’énergie nucléaire.

Selon les chercheurs de l’AIE, l’électricité produite à partir du charbon a augmenté de 9 % en 2021. Cette tendance a été soutenue par 3 facteurs principaux :

  • la reprise économique, qui a augmenté de 6 % la demande mondiale d’électricité et qui dont la rapidité n’a pas permis qu’elle soir alimentée par les seules sources d’énergie bas carbone ;
  • les conditions météorologiques qui ont été plus extrêmes en 2021 qu’en 2020, avec notamment un hiver plus froid que la moyenne ;
  • le rôle important joué par les prix élevés du gaz naturel, qui ont aidé à privilégier le charbon et à le rendre plus compétitif économiquement.

Le pays le plus exposé au charbon reste la Chine, où la consommation électrique a augmenté de 10 % par rapport à 2020. La Chine compte pour la moitié du charbon brûlé dans le monde ; avec l’Inde, la proportion monte à deux tiers.

La production d’énergie du charbon a ainsi augmenté plus fortement que la production d’électricité d’origine renouvelable (+6 % par rapport à 2020) pour la première fois depuis 2013 : cette production d’énergie renouvelable n’a pas suffi à répondre à la demande galopante d’énergie. La production nucléaire, quant à elle, a augmenté d’environ 3,5 % en 2021 par rapport à 2020 ; la production mondiale des centrales à gaz a vu une croissance d’environ 2 %.

Selon les estimations de l’AIE pour 2022-2024, il y aura une croissance de la demande d’électricité de 2,7 % par an en moyenne, soit la hausse annuelle moyenne lors des 10 années ayant précédé la pandémie de Covid-19. Les énergies renouvelables devraient croître de 8 % par an en moyenne, répondant à plus de 90 % de la croissance nette de la demande d’énergie au cours de cette période. Toujours selon les calculs de l’AIE, la production à base de combustibles fossiles devrait stagner dans les années à venir, la production de charbon diminuant légèrement et la production de gaz devant croître d’environ 1 % par an.

Cette forte sollicitation du charbon a entraîné bien-sûr des émissions de CO2 record pour la production d’électricité, après avoir diminué les deux années précédentes en raison de la pandémie de Covid-19. En particulier, en 2021, les émissions mondiales de CO2 liées au secteur électrique ont augmenté de 7 % par rapport à 2020.

Selon l’AIE les émissions provenant de l’électricité doivent diminuer de 55 % d’ici 2030 pour pouvoir atteindre le scénario d’émissions nettes nulles d’ici 2050. Pour y réussir, l’AIE souligne « la nécessité d’actions politiques rapides et fortes ».

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