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Allemagne : pas de changement abrupt attendu malgré l’incertitude concernant la future coalition gouvernementale

A l’issue des élections générales allemandes du 26 septembre, les sociaux-démocrates du parti SPD, menés par l’actuel ministre des Finances Olaf Scholz, sont arrivés en première position, obtenant davantage de voix et de sièges que les chrétiens-démocrates de l’alliance CDU-CSU (le parti d’Angela Merkel) menés par Armin Laschet. Ce résultat est conforme à celui annoncé par les derniers sondages, mais différent de celui attendu il y a encore quelques semaines, le SPD ayant réussi une très forte remontée dans les intentions de vote à partir de fin août. Cependant, comme d’habitude en Allemagne, aucun parti n’obtient la majorité, et une coalition gouvernementale devra être négociée. Ce processus peut être très long (il avait pris près de 6 mois en 2017-18), d’autant plus qu’il est compliqué cette fois-ci par la quasi-nécessité de réunir trois partis, contre deux lors de la formation des gouvernements précédents. Le plus probable est que le SPD parviendra à négocier une coalition avec les deux autres partis ayant gagné du terrain lors des élections (les Verts et les libéraux du FDP), mais ceux-ci pourraient également être sensibles aux offres que leur fera la CDU-CSU, et sont donc en position de faire monter les enchères (la formation d’une coalition gouvernementale sans le parti arrivé en tête aux élections ne serait pas une situation inédite en Allemagne).

En dernier recours, si les discussions échouent, la possibilité de reconduire la coalition actuelle (qui réunit CDU-CSU et SPD) pourrait également refaire surface. En attendant, il n’y a pas de situation de vide de pouvoir puisque le gouvernement Merkel reste en place. Quelle que soit l’issue des négociations, les politiques allemandes (domestiques, comme à l’égard de l’Europe) ne devraient pas connaître de changement abrupt : la logique de coalition et les importants contre-pouvoirs inhérents aux institutions allemandes (rôles importants de la Chambre Haute et Cour Constitutionnelle) font que les décisions sont largement prises par consensus. Le seul scénario qui pouvait quelque peu inquiéter les marchés, à savoir une coalition incluant le parti d’extrême-gauche Die Linke, a été écarté par le piètre résultat de ce dernier aux élections. L’Allemagne ne devrait pas se départir de sa rigueur budgétaire (progressivement infléchie toutefois pour faire davantage de place à l’investissement public en vue de la transition verte) et rester favorable, quoique de façon très prudente, à la poursuite des chantiers d’intégration de la zone euro et de l’Union européenne.

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