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Analyse macro : “Les vagues se succèdent”

Agence SAND

Comme une petite musique à laquelle on commence à s’habituer, la recrudescence rapide des cas de Covid-19, qui contraint de plus en plus de pays à reprendre de nouvelles initiatives, a complètement éclipsé l’adoption d’un taux minimum d’imposition de 15 % sur les entreprises multinationales.

Si certains pays comme le Japon (à 2 semaines du début des Jeux Olympiques) ou le Portugal réinstaurent des mesures restrictives pour prendre de vitesse le variant Delta, d’autres ont décidé d’augmenter leurs aides à l’économie. Ainsi, pour la première fois depuis le début de cette pandémie, les autorité chinoises ont décidé d’abaisser de 5 points de base (pbs) le niveau du taux des réserves obligatoires. En procédant ainsi, l’idée est de redynamiser le concours des grandes banques au secteur privé, à un moment où de sérieux signes d’essoufflement commencent à voir le jour, à l’image de l’indicateur avancé dans les services (-4,8 points, à 50,3 en juin).

Alors qu’un climat d’aversion pour le risque s’installait, il aura fallu toute l’agilité des banquiers centraux pour ramener le calme sur les marchés. Ainsi, même si le président de la Réserve fédérale (Fed) a reconnu que son institution avait commencé à « parler de parler de » la manière dont la politique de rachats de titres pouvait être ajustée, le ton est resté plutôt « dovish* », comme à la Banque centrale européenne, (BCE), ce que les investisseurs ont interprété comme une certitude que les liquidités à bon compte allaient rester abondantes. Et même si la Fed se décide à réduire son assouplissement quantitatif, tout porte à croire que cela ne touchera pas en premier lieu les achats de bons du trésor (à 80 milliards par mois actuellement) mais plutôt les rachats de créances hypothécaires (MBS, à 40 milliards de dollars actuellement) afin de baisser les tensions apparues sur l’immobilier résidentiel (+14,9% sur une année pour l’indice S&P Case-Shiller 20).

Dans ces conditions, en dépit d’un accroissement des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, le rendement du taux à 10 ans a poursuivi son reflux (-7 points de base, à 1,3645 %), aidé aussi par la déception de plusieurs enquêtes importantes. On a ainsi vu que, même si l’indice ISM des services (-3,9 en juin, à 60,1 points) restait encore sur un niveau très élevé, l’évolution de la composante relative à l’emploi et aux prix suscite de l’inquiétude. En effet, alors que le pétrole a poursuivi son ascension (+1,9% pour le WTI, à 74,74 dollars), rien n’indique un apaisement à court terme des tensions inflationnistes puisque la composante « prix payés » s’est établie à 79,5 points en juin, soit son deuxième niveau le plus élevé en 13 ans. Quant à la composante « emploi », elle est repassée sous le seuil des 50 points, autrement dit en zone de contraction, pour la première fois depuis le début de l’année (à 49,3 points en juin). Même si ce n’est encore qu’un début, si ce retournement de l’emploi se traduisait dans les prochains mois par un ralentissement des créations de postes, il n’est pas certain que la Fed commence à réduire ses achats au début du premier trimestre 2022 comme nous le pensions. Dans ces conditions, on imagine mal la BCE faire autre chose qu’emboiter le pas de la Fed. On a même vu que, contrairement à la Fed, la BCE n’avait pas souhaité fixer une cible d’inflation moyenne flexible dans le cadre du premier examen de sa stratégie depuis 2003. Il faut dire que la rapide propagation du variant Delta en Europe commence à remettre en cause la saison touristique très cruciale pour de nombreux pays européens. Cela ne devrait pas remettre en question le fort rebond attendu au deuxième trimestre en zone Euro grâce aux gains enregistrés dans les ventes de détail, notamment en Espagne et en Allemagne où l’indice est ressorti respectivement à un pic inégalé depuis 20 et 10 ans. L’Italie et la France enregistrent des pics de 3 ans.

La quasi-certitude de voir le biais accommodant des politiques monétaires perdurer dans le temps a beaucoup aidé au rétablissement du calme sur les indices actions. En effet, alors que l’aversion pour le risque avait atteint des niveaux élevés, le S&P 500 a enregistré un nouveau record historique (+0,5%, à 4368,62 points), surperformant les indices européens (-0,4% pour l’EuroStoxx 50, à 4 069 points).

*Dovish : prudent

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