Energies | La revue de presse économique et financière

Analyse : Quand l’énergie manque

Agence SAND

La pénurie de sources primaires pour produire de l’électricité en Europe comme en Chine provoque une crise énergétique en poussant fortement à la hausse les prix et rend même difficile la production d’électricité alors que nous nous approchons de la saison hivernale. En effet, les prix de l’électricité au niveau de la production de cessent de grimper. En Allemagne, par exemple, on atteint des records. Pour l’instant il est difficile de prévoir une accalmie.   Ceci est d’autant plus inquiétant que nous nous approchons de l’hiver où selon la situation climatique la demande pourrait encore connaître des fortes pressions à la hausse.

La pression sur les prix de l’électricité provient de la difficulté d’approvisionnement du marché en sources de production primaires. Ainsi, que ce soit pour le gaz ou le charbon qui sont les sources les plus importantes utilisées en Europe pour produire de l’électricité, l’approvisionnement n’est pas suffisant pour faire face à la hausse de la demande. En grande partie ceci provient des de problèmes de capacité de production des fournisseurs qui ne peuvent pas faire face à la demande qui leur est adressée.

La Russie, le principal fournisseur de gaz pour l’Europe doit faire face à une demande important dans son propre pays et à une demande mondiale forte, limitant ainsi sa capacité à fournir l’Europe. Par ailleurs, la production de gaz en provenance d’Europe du nord continue son déclin et n’est pas à même de compenser les manques d’autres fournisseurs.

Rendant la situation encore plus précaire, les stocks de gaz sont plus bas que d’habitude car on a dû faire appel à bien plus de gaz que prévu cet été pour générer de l’électricité dû à la faiblesse de production par les sources alternatives. Ainsi, cet été nous avons, notamment, manqué de vent et d’ensoleillement pour pouvoir produire assez avec le parc éolien et photovoltaïque.

La situation en Europe ressemble en partie ce que nous voyons en Chine, mais aussi pourrait en être aggravée par la direction que prends le marché chinois. En effet, en Chine, les coûts de production d’électricité s’envolent aussi. Il y a deux raison essentielles. La première est la pénurie de charbon et le volontarisme des autorités de couper drastiquement les émissions polluantes. Cette politique vise à éviter que la pollution ne vienne gâcher les jeux olympique d’hiver que la Chine organisera cet hiver, mais plus fondamentalement la stratégie du gouvernement d’atteindre son objectif de transition énergétique te de réduire fortement l’utilisation du charbon.

Malheureusement, ces objectifs se sont confronté à la dure réalité. L’approvisionnement en charbon, qui selon certaines estimations représente 70% de la génération d’électricité,  s’est vu fortement réduit et la capacité de produire de l’électricité à base de charbon contrainte par cette pénurie. En outre, cette situation s’est vues exacerbée par l’action de certaines autorités locales qui ont coupé la génération d’électricité à base de charbon pour tenter de s’approcher des objectifs qu’on leur a donné de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Au total, la pénurie des sources primaires se traduit donc aujourd’hui par l’envolée des prix du gaz et du charbon. Cette hausse vient maintenant toucher le pétrole en anticipation d’une demande qui pourrait devenir bien plus forte par simple effet de substitution, même si les générateurs d’électricité n’ont évidemment pas la flexibilité de passer d’une source primaire à l’autre.

Que ce soit en Europe ou en Chine on tente d’atténuer atténuer l’impact sur les ménages. En fait, en Chine, c’est bien plus facile car les prix de l’électricité sont régulés. En Europe, on essaie aussi de calmer la hausse, y compris par des aides spécifiques aux ménages les plus défavorisés. Mais, ce sont les producteurs d’électricité qui devraient subir le plus les contraintes sur leurs marges par la difficulté de répercuter la hausse des prix des coûts d’approvisionnement en matière premières sur les prix finaux.

En même temps, on ne peut pas exclure que les contraintes physiques de matières première se traduisent pas de coupures d’approvisionnement. C’est déjà le cas en Chine. Ceci semble affecter fortement le secteur manufacturier qui en plus subi la hausse des prix de l’électricité. En Europe, au niveau de l’industrie, les hausses de prix de l’électricité se sont déjà traduites par des arrêts de production dans certaines industries ne pouvant pas répercuter cette hausse de coûts de production sur les prix finaux.

A ce stade, notamment avec l’arrivée de l’hiver, il est difficile de faire des pronostics tranchés. Ce qui semble certain toutefois, est que ceci aurait des effets sur les prix à la consommation en Europe notamment, mais aussi ailleurs avec maintenant la contagion au prix du pétrole. Ainsi, nous devrions, rien que par la hausse des prix de l’énergie, continuer à constater de hauts chiffres d’inflation, qui risque de rogner le pouvoir d’achat des ménages.

Plus fondamentalement, ce que nous vivons doit aussi nous interpeller sur les stratégies poursuivies pour gérer la nécessaire transition énergétique vers de sources primaires de production non-carbonées. Un mix de production s’appuyant essentiellement sur les énergies alternatives, semble, pour l’instant pas assez bien maîtrisé. Il est possible, que le débat sur le nucléaire ressurgisse, afin de mieux être capable de gérer une transition ordonnée et soutenable.

La Chine pour l’instant semble faire machine arrière à grande vitesse. En effet, les autorités viennent de demander à tous les producteurs de charbon nationaux de charbon de produire au maximum de leur capacité sans tenir compte de contraintes imposées préalablement pour s’assurer que l’approvisionnement des centrales électriques est suffisant.

L’impact de cette crise énergétique sur l’activité, du moins en Europe n’est pas encore visible sur l’activité. La dernière enquête de la Commission européenne pour le mois de septembre est venue corroborer ce que nous voyons dans nombre d’enquêtes conjoncturelles. Certes, comme attendu, il semblerait bien qu’il y ait une décélération de l’activité, mais celle-ci reste très robuste. La confiance des ménages européens ainsi que des industriels reste très bien orientée pour l’instant.

Nous continuons à penser que le contexte qui se dévoile devant nous incite à de la prudence à court terme et d’être plus sélectifs dans les choix des valeurs. Néanmoins, nous restons confiants sur l’évolution future, disons vers la fin de l’année, même si, comme nous le discutions dans cette note, les contraintes qui s’exercent sur la production sont des éléments de risques pour notre scénario.

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