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Après tous ces chocs macros, les perspectives microéconomiques pourraient reprendre de l’importance

Après un rebond historique au début de l’année, les marchés ont pris leur respiration la semaine dernière. Malgré un fort rebond vendredi, les actions ont fini la semaine en baisse de 0,3% après une hausse de 4,5% au cours des deux premières semaines de 2023. Les taux d’intérêts à long terme sont restés stables après avoir baissé de 40pb

D’un côté, le rebond des marchés s’est fait depuis des niveaux d’aversion pour le risque extrême et avec des flux acheteurs limités, ce qui implique que le risque de correction est limité. Mais d’un autre côté, les marchés ont intégré un scénario assez (trop ?) favorable, avec une baisse rapide de l’inflation qui permettrait aux banques centrales d’être moins restrictives sans que l’économie ne ralentisse trop. Cela a poussé les valorisations à la hausse de telle sorte que la rémunération des risques sur les différentes classes d’actifs est au plus bas depuis plus d’un an. Cela nous parait faible vu les incertitudes encore élevées.

Le calendrier macro-économique va rester chargé cette semaine, mais pourrait ne pas être le seul moteur des marchés, contrairement à ces dernières semaines. La BCE va entrer dans sa période de silence mercredi alors que la Fed y est déjà avant leurs réunions de la semaine prochaine. Cela réduit le potentiel de surprises des banques centrales après que les derniers discours aient montré que la Fed devrait ralentir de nouveau l’ampleur des hausses de taux (à 25pb contre 50pb en décembre) tout en réitérant que les taux resteront plus élevés cette année alors que la BCE devrait continuer de remonter ses taux de 50pb lors des prochains meetings. Côté économie, les premiers indicateurs de confiance pour 2023 devraient confirmer l’amélioration des perspectives en Zone Euro mais le ralentissement plus net des Etats-Unis, même si le PIB des Etats-Unis pour le T4 reste solide. Enfin, la Chine est en congé pour le nouvel an lunaire cette semaine, ce qui rend les données économiques difficilement lisibles en janvier/février tous les ans.

Les marchés pourraient, dès lors, se concentrer sur la publication des résultats des entreprises qui s’accélère aux Etats-Unis et commence en Europe cette semaine. Les anticipations du marché pour les résultats des entreprises au T4 2022 semblent raisonnables, surtout aux Etats-Unis où ces anticipations ont déjà été nettement révisées à la baisse. Mais nous pensons que les surprises seront moins positives que depuis le début de la réouverture des économies et que les marchés pourraient être déçus par les perspectives affichées par les entreprises. En effet, les analystes commencent à peine à revoir à la baisse les perspectives de bénéfices en Europe pour cette année et, surtout, ils anticipent que les marges des entreprises vont rester stables à des niveaux très élevés. Cela semble très optimiste dans un contexte de ralentissement des chiffres d’affaires (via le ralentissement de la croissance et de l’inflation) alors que les coûts augmentent encore vite (les salaires, l’énergie en Europe, les coûts financiers…).

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