Attends Vassili, attends…

3 Janvier 2022, Teleperformance, le leader mondial de la relation client est la star du CAC40. Toujours dirigé par son fondateur, le groupe et ses 400.000 salariés sont plébiscités par le marché : l’action a pris 45% en 2021 et s’échange à 390€, soit 35 fois les résultats.

Malheureusement ça ne dure pas : rapidement l’action baisse avec le marché et se retrouve à 270€ à l’automne.

Là, premier coup de tonnerre : le 9 Novembre 2022, Edwin Palma Egea, vice-ministre du travail du gouvernement colombien, annonce sur Twitter qu’une enquête a été lancée contre le groupe français. Un mois après l’intégration au CAC 40 ESG, ça passe mal. A Paris, l’effet sur l’action est radical. 20% de la capitalisation boursière partent en quelques jours. Le titre passe à 220€.

Le management sort tout de suite les grands moyens pour refermer cette parenthèse difficile : enquêtes ESG, accord avec les syndicats, sortie des activités de modération de contenu offensant etc… Ils réussissent tellement bien que le même Edwin Palma Egea tweetera à nouveau en juin en disant que Teleperfomance a fait un super boulot. Malheureusement, chat échaudé craint l’eau froide : le cours ne remonte pas et reste juste au-dessus des 200€.

Le 26 Avril 2023, deuxième coup de tonnerre : publication de résultat montrant un ralentissement de la croissance et annonce concomitante du rachat de Majorel, un concurrent majeur, pour 3Mds€. Le marché réagit : -20%, le cours descend à 160€.

Le 27 Juillet 2023, nouvelle publication décevante, avec en sus quelques rumeurs sur “l’IA va tout remplacer” et l’action descend encore d’un étage à 120€.

A 120€, on est à 10x les résultats. Le management a montré sa capacité à abattre les difficultés. Certes ce n’est pas un métier facile : avec un peu plus de 1000€ de résultat net par employé en moyenne, pour augmenter le résultat d’1m€, il faut recruter 1000 personnes. Mais in fine l’activité de Teleperformance est essentielle, ses contrats courent sur plusieurs années, et ses clients – qui ne sont que des gros : Airbnb, Apple, Barclays… – n’ont ni intérêt, ni volonté d’internaliser cette fonction.

C’est que là nous achetons, pour 2% du fonds, à 119€ le 25 août. Notre méthode, c’est celle du grand-père de Vassili dans le film Stalingrad (2001). Vassili voit le loup approcher et veut tirer. Son grand père lui susurre « Attends Vassili, attends… »

Prec.
BCE : pause ou pas pause finalement ?
Suiv.
Les marchés obligataires continuent à tirer leur épingle du jeu
Plus de publications

Abonnez-vous

Abonnez-vous et recevez toutes les semaines notre newsletter économique et financière.