Baisse du pricing power : une bonne nouvelle pour les marchés actions

Le dynamisme de l’économie américaine ne se démentant pas, il est crucial que la modération de l’inflation reste d’actualité. De ce point de vue, la baisse du « pricing power[2] » des entreprises est plus une bonne qu’une mauvaise nouvelle pour les marchés d’actions.

La très forte croissance américaine du troisième trimestre (+4,9%) vient ponctuer une longue phase de révision à la hausse des perspectives économiques outre-Atlantique (graphique 1).

D’abord concentré sur l’année 2023, ce processus de révision atteint désormais les perspectives de 2024, que le consensus interrogé par Bloomberg voit à +1%, contre +0,6% au milieu de l’été, un chiffre modeste mais qui éloigne encore la récession.

Malgré ce dynamisme impressionnant, les pressions inflationnistes sont restées modérées. Selon certains indicateurs, comme ceux des enquêtes PMI[3] auprès des entreprises, elles baisseraient même à nouveau au mois d’octobre. Les entreprises signalent en effet qu’elles ne veulent ou ne peuvent monter les prix autant qu’auparavant (graphique 2).

Cette baisse du « pricing power », que l’on observe aussi en Europe et en Asie, peut sembler négative à première vue pour les marchés des actions car elle diminue les profits nominaux des entreprises. Mais pour redonner une visibilité aux bourses mondiales, il est beaucoup plus important de voir ce « pricing power » baisser que monter. La baisse du « pricing power » est en effet prometteuse d’une poursuite de la désinflation, ce qui est une condition incontournable pour une vision constructive de l’économie et des marches financiers à moyen terme. Ce signal encourageant est d’autant plus important que les chiffres d’inflation sous-jacente[1] (hors alimentation et énergie) du mois de septembre ont été moins favorables que ceux, excellents, des quelques mois précédents.

Cette question de l’inflation reste bien entendu fondamentale, car sa trajectoire nous dira si le repricing des rendements obligataires, qui est à l’origine de la montée de l’aversion au risque, est désormais globalement suffisant. C’est désormais plutôt notre scénario, les taux des obligations américaines à long terme ayant selon nous peu de raison de s’installer au-dessus de la zone des 5%-5,25%. Le scénario des taux « plus haut plus longtemps » annoncé par les banques centrales est en effet largement à la fois dans les prix et dans les esprits des investisseurs aujourd’hui.

Dans cet environnement, nous conservons une allocation neutre sur les actions dans notre fonds diversifié « Dorval Global Allocation », et légèrement en-dessous du neutre pour le fonds « Dorval Global Conservative », avec dans les deux cas une exposition à un panier de valeurs défensives qui a permis d’amortir un peu le choc des deux dernières semaines. Nous maintenons une duration obligataire désormais positive mais encore assez modeste. Notre moteur de rendement régulier reste le monétaire.

Télécharger la lettre hebdomadaire en version PDF – 30 octobre 2023

Termes et définitions
1. Inflation sous jacente ( inflation sous-jacente ) L’inflation sous-jacente, également connue sous le nom d’inflation core ou d’inflation de base, est une mesure de l’inflation…
2. pricing power. Le Pricing Power est une mesure de la capacité d’une entreprise à fixer des prix pour ses produits…
3. PMI ( PMI ) L'indice PMI (Purchasing Managers' Index) est un indicateur mensuel qui mesure la performance des secteurs de l'industrie manufacturière et des services.
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