Dans son dernier Flash Économie n°19 du 17 février 2026, Patrick Artus (Ossiam) met en lumière un dilemme inédit pour la Banque centrale européenne : l’inflation moyenne baisse, mais les disparités internes compliquent toute décision simple.
En janvier 2026, l’inflation globale de la zone euro ressort à 1,7 %, ce qui, en théorie, ouvre la voie à une baisse des taux (le taux de dépôt étant à 2 %). Mais derrière cette moyenne se cachent deux fractures majeures.
D’abord, une fracture sectorielle : les prix des biens industriels progressent à peine (+0,4 %), tandis que les services affichent encore +3,2 %. Cette tension dans les services, alimentée par la hausse des salaires et l’absence de gains de productivité, pourrait dissuader la BCE d’assouplir trop vite.
Ensuite, une fracture géographique : l’inflation va de 0,4 % en France à 2,5 % en Espagne. Cette hétérogénéité pourrait au contraire pousser la BCE à agir, afin d’éviter un risque de déflation dans les pays les plus fragiles.