Bulle ou pas bulle ?

« Les marchés boursiers ressemblent à s’y méprendre à la période la bulle internet ». Combien de fois n’avons-nous pas entendu cela ? Il y a deux différences majeures :

  • Les entreprises de la tech sont rentables, même très rentables. Ce n’était pas systématiquement le cas à la fin des années 1990.
  • L’entreprise hégémonique du secteur Nvidia est au cœur de la révolution industrielle. Nvidia, ce n’est pas uniquement un fabricant de puces. C’est l’entreprise qui a réussi à se positionner sur l’intégralité de la chaîne de valeurs de l’intelligence artificielle. Comment expliquer l’incroyable performance actuelle de Nvidia ? Il faut remonter à cinq ans quand l’entreprise a racheté Mellanox – une start-up israélienne qui est le spécialiste des liens haut débit (circuits, adaptateurs) pour les data centers, les supercalculateurs et les systèmes de stockage. Cela a donné un avantage compétitif sans précédent à l’entreprise américaine et explique en grande partie ses excellents résultats financiers des derniers trimestres. Actuellement, Nvidia cherche à ajouter une nouvelle brique IA à son architecture. Son ambition ? Réussir ce qu’a fait Microsoft avec Windows, non pas dans le domaine de l’informatique mais dans celui de l’IA. Bref, démocratiser l’IA ! D’où des discussions avancées pour le rachat de la start-up israélienne Run:ai qui a développé une plateforme IA accessible à tous. Si le rachat aboutit, probablement pour un montant d’un milliard de dollars, le champ des possibles pour Nvidia va être infini. Les coûts liés à l’utilisation du cloud et de l’IA sont énormes pour la plupart des entreprises. Grâce à une telle plateforme, même les plus petites entreprises pourront y avoir accès. À suivre.

Perspectives

Semaine calme a priori. Peu de statistiques. La dernière estimation du PIB américain au T4 est attendue jeudi. Aucune surprise. La dernière estimation du PIB américain au T4 est attendue jeudi. Aucune surprise. L’estimation initiale à 3,2% devrait être confirmée. Nous tablons sur une croissance à 2% ce trimestre. Cela marque une nette décélération. Mais la performance est toujours très honorable surtout si on compare à l’Europe. Sur la même période, la croissance devrait être anémique en France à 0,2%. Plusieurs facteurs expliquent la résilience incroyable de l’économie américaine :

  • Un déficit public élevé.
  • Pour la première fois en l’espace de quarante ans, les États-Unis ont réussi le pari de l’indépendance énergétique et produisent plus de pétrole que n’importe quel autre pays dans l’Histoire.
  • L’économie est moins sensible aux taux élevés. Cela s’explique notamment par le fait que 96% des prêts immobiliers à long terme sont à taux fixe (par exemple, 47% des prêts supérieurs à 10 ans sont à taux fixe).
  • Le surplus d’épargne Covid a été consommé mais les aides étatiques continuent de soutenir la consommation des ménages américain, comme l’a montré la hausse de 1% du revenu personnel en janvier dernier. Cela reflétait à la fois les hausses de salaire et l’effet des aides étatiques.

Tout ceci est une bonne nouvelle pour la bourse américaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prec.
La chronique IsoBourse du 23 mars 2024
Suiv.
Pourquoi la banque centrale suisse a abaissé par surprise ses taux d’intérêt ?
Plus de publications

Abonnez-vous

Abonnez-vous et recevez toutes les semaines notre newsletter économique et financière.