Cartographie des marchés et des risques 2025 de l’AMF

Un graphique avec inscrit le mot Inflation
©Fibee

Dans sa cartographie 2025, l’AMF dresse un état des lieux sans fard des tensions qui pèsent sur les marchés : choc commercial, divergences monétaires et menace cyber. Si le rebond des marchés depuis avril témoigne d’une certaine robustesse, l’Autorité pointe des fragilités persistantes, notamment sur l’immobilier, les actifs peu liquides ou encore les cryptoactifs. Côté particuliers, l’appétit pour les actions et les ETF ne faiblit pas, sur fond de désintermédiation croissante. Un panorama clair-obscur d’un système sous tension.

À la suite de l’aggravation des tensions commerciales — matérialisée par l’annonce, le 2 avril 2025, par l’administration américaine de la mise en place de droits de douane « réciproques » — et face aux incertitudes géopolitiques persistantes, les marchés ont subi une correction marquée, accompagnée d’une forte volatilité durant les premiers mois de l’année. Au-delà des effets immédiats, cette incertitude pèse sur l’environnement macroéconomique et menace la résilience des marchés.

Dégradation macroéconomique et divergence transatlantique

Depuis début 2025, la politique économique américaine, marquée par un protectionnisme renforcé, alimente l’inflation, désorganise le commerce mondial et renforce les incertitudes. Le FMI a ainsi abaissé ses prévisions de croissance à 1 % pour la zone euro et 1,8 % pour les États-Unis. En parallèle, la divergence des politiques monétaires se confirme. La BCE, profitant d’un recul rapide de l’inflation en Europe, a opéré huit baisses de taux depuis juin 2024, ramenant son taux directeur à 2 % en juin 2025. La Fed, de son côté, a interrompu son assouplissement en décembre 2024, laissant ses taux à 4,50 %.

Une résilience de façade sur des marchés fragilisés

Les marchés actions ont connu un choc violent. Le CAC 40 a perdu 12 % en une semaine, du 2 au 9 avril 2025. Néanmoins, l’annonce d’un moratoire sur les droits de douane et l’ouverture de négociations ont permis un rebond rapide, avec un retour des valorisations proches de leurs plus hauts historiques. Sur les marchés obligataires, l’activité reste soutenue, notamment pour les obligations d’entreprise. Le changement de cap budgétaire de l’Allemagne a entraîné une hausse de 40 points de base sur le Bund, influençant à la hausse les taux dans toute la zone euro.

La gestion collective tient bon

Malgré la volatilité, la gestion collective française a résisté. Les fonds monétaires enregistrent une collecte nette positive, tandis que les autres classes d’actifs restent stables. En revanche, les fonds immobiliers souffrent toujours d’un niveau d’endettement élevé et d’une incertitude persistante sur la valorisation des actifs. Les fonds investis dans des actifs illiquides, notamment non cotés, suscitent des interrogations croissantes quant à leur soutenabilité en cas de tensions sur la liquidité.

Cryptoactifs : euphorie et vulnérabilité

L’arrivée d’une administration américaine favorable à l’écosystème crypto a propulsé le Bitcoin à de nouveaux sommets et fait croître la capitalisation des stablecoins de 35 % depuis l’élection. Cette croissance rapide renforce les interconnexions avec la finance traditionnelle, mais augmente aussi les risques systémiques.

Cybermenaces et résilience opérationnelle

L’année 2025 voit une hausse notable des incidents cyber, affectant aussi bien des infrastructures critiques (comme T2S) que des plateformes émergentes comme Bybit. Le règlement européen DORA, en vigueur depuis janvier 2025, vise à renforcer la résilience opérationnelle et la transparence en matière de sécurité numérique.

Les particuliers s’exposent davantage aux marchés risqués

Le taux d’épargne des ménages français atteint 19 % du revenu disponible brut en 2024. L’assurance vie séduit toujours, mais l’appétit pour les actions atteint un niveau record avec 30 % d’intention d’investissement. Les ETF, notamment internationaux, progressent fortement, tout comme l’adoption des cryptoactifs (8 % des Français). Chez les plus jeunes, les réseaux sociaux influencent fortement les décisions d’investissement, soulevant des questions sur la qualité des recommandations — notamment sur les supports à risque élevé.

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