Obligations | La veille économique et financière

Chiffres-clés de la gestion d’actifs en France, zoom sur les encours

L’AMF a compilé les chiffres clés, arrêtés au 31/12/2019 de la gestion d’actifs en France. Zoom annuel sur les encours gérés, analysés en volumes, dans leur évolution, et par typologie de fonds, en y appliquant le filtre de la gestion sous mandat et de la gestion collective.

Après le repli marqué des encours sur l’année 2018, les sociétés de gestion de portefeuille françaises atteignent un niveau de 4 110 milliards d’euros d’encours gérés en 2019, en hausse de 11,9% par rapport à l’année précédente. L’augmentation en gestion collective s’explique par un « effet marché positif » de 108 milliards d’euros sur l’année, l’effet collecte étant pour sa part nul.

Quelques repères utiles, concernant ce niveau, qui atteignait 2 347 Milliards d’euros en 2005, 2 905 Milliards d’euros en 2010, et 3 458 Milliards d’euros en 2015.

Ces 4 110 Milliards d’euros se répartissent de la façon suivante :

A – 1 705 Milliards d’euros en gestion sous mandat, soit une augmentation de près de 600 milliards d’euros depuis la crise des subprimes de 2008. La ventilation est la suivante : 12% en OPC maison ; 5,4% en OPC tiers ; 82,6% en titres vifs.

B – 2 404 en gestion collective

La croissance des encours globaux gérés par les sociétés de gestion françaises en 2019 s’explique notamment par une hausse des encours en gestion collective. En effet, les encours en gestion collective enregistrent une hausse de 14,4%, soit plus de 300 milliards d’euros en un an. Dans le même temps, la gestion sous mandat demeure dynamique et progresse de 8,4%, une évolution relativement marquée par rapport aux années précédents 2018 mais restant malgré tout bien inférieure à celle de la gestion collective.

Les encours nets totaux des organismes de placement collectifs de droit français, hors titrisation, se sont élevés à 1 634 milliards d’euros au 31 décembre 2019, enregistrant ainsi une augmentation de 11% par rapport à 2018.

Le redressement des encours en gestion collective est principalement dû à des effets de valorisation. Excepté les fonds obligataires, la majorité des types de fonds (actions, monétaires, mixtes) accuse une décollecte. Et pour cause, de nombreuses opérations de restructuration liées à l’évolution du cadre réglementaire ont été mises en œuvre durant l’année 2019. Par ailleurs, le transfert de domiciliation de fonds français via des fusions transfrontalières s’est poursuivi. En effet, plusieurs fonds ont été transférés au Luxembourg, notamment Lyxor International AM qui a transféré 37 de ses fonds indiciels cotés pour un montant d’environ 6,5 milliards d’euros.

L’encours des OPC actions est passé de 297 milliards d’euros en 2018 à 347 milliards d’euros en 2019, soit une augmentation de 17% en un an. Cela fait près de 10 ans que les OPC actions n’ont pas connu une telle croissance. Certains investisseurs ont considéré les mauvaises performances de 2018 comme une porte d’entrée et ont ainsi bénéficié d’une opportunité d’investissement début 2019. Malgré cette augmentation des encours des fonds actions entre 2018 et 2019, 75 fusions ont été enregistrés et le nombre de fonds actions a diminué. La croissance des encours de cette typologie de fonds est donc en grande partie le résultat d’une valorisation des encours. En effet, nous pouvons constater que les grands indices actions, tels que Eurostoxx 50 ou MSCI World, ont fortement progressé sur la période, enregistrant réciproquement une croissance de 24,48% et de 25,20% du 31 décembre 2018 au 31 décembre 2019.

Entre 2018 et 2019, les OPC obligataires ont connu une croissance de leurs encours équivalente à celle des OPC actions, ce qui leur a permis de franchir la barre des 300 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Les encours des OPC obligataires croissent de 17% par rapport à 2018. Malgré la faiblesse des taux d’intérêt, les investisseurs ont maintenu leur position sur les fonds obligataires. En effet, contrairement aux actions, plus volatiles, ces fonds sont considérés comme une valeur refuge et restent ainsi une option de sécurité.

Blandine Favelli

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