Enguerrand Artaz, Macro & Markets Strategist chez LFDE, observe que le dernier indice des prix à la consommation (CPI) ne révèle pas de signe alarmant. La hausse modérée des prix des biens et la réaccélération ponctuelle des prix des services, notamment les billets d’avion, n’altèrent pas une tendance générale vers une stabilisation du Core CPI autour de 3 %. Bien que légèrement supérieur aux mois précédents, cet indicateur est en partie influencé par des effets de base.
Rien de très inquiétant (pour l’instant en tout cas !) dans les détails du CPI :
- Pas de faiblesse particulière d’une composante qui tirerait le chiffre artificiellement à la baisse
- La hausse des prix des biens reste sur une tendance modérée (2,5% en rythme annualisé, rien de bien terrible)
- La réaccélération des prix des services est notamment due aux très volatils prix des billets d’avions (+4% MoM, plus forte hausse depuis mai 2022)
- Les biens dont les prix avaient fortement accéléré en mai et juin (gros électroménagers, jouets…) voient les hausses se modérer nettement, voire les prix rebaisser.
Certes, les mesures core repartent à la hausse (3,1% YoY vs 2,9% pour le Core CPI, 2,5% vs 2,1% pour le Core hors logement), mais cela vient en partie d’effets de base défavorables (les chiffres avaient très faibles l’été dernier). De plus, les mesures séquentielles (type variation trimestrielle annualisée) n’accélèrent pas fortement.
En somme, on pointe vers une stabilisation du Core CPI autour de 3,0%, pas idéal théoriquement pour la Fed, mais sachant que le taux directeur est aujourd’hui à 4,25%/4,5% et qu’il n’y a pas lieu de maintenir des taux réels fortement positifs avec un emploi qui ralentit et des besoins de financement public importants, cela ne contrarie pas l’idée d’un ajustement de 2/3 baisses de taux au cours des prochains mois. Cela devrait probablement soutenir les marchés, au moins jusqu’au prochain rapport emploi.
A plus long terme, la question est à présent de savoir si nous sommes au moment du pic de l’effet des tarifs sur l’inflation (qui serait alors franchement modeste) ou si, comme l’estiment certains observateurs, le moment où les hausses de coûts seront passées aux consommateurs (et donc, l’impact sur le CPI) est encore à venir.
