Cris de mouette, signe de tempête ?

Après un mois de juillet ensoleillé sur les marchés financiers, le mois d’août est plus morose, comme c’est régulièrement le cas sur les places financières à cette époque de l’année. Les gains du mois dernier ont déjà été effacés, alors qu’il reste encore 2 semaines avant la rentrée de septembre, mois qui est, traditionnellement, le moins favorable aux marchés boursiers … L’optimisme est-il encore de mise?

A en croire les commentaires des investisseurs, l’inquiétude grandit du côté du pays de l’Oncle Sam. Mercredi dernier a été publié le compte rendu de la dernière réunion du FOMC et la Fed reste ferme quant à son objectif principal : ramener l’inflation à 2%. Sa ligne de mire est toujours restée la même mais les investisseurs anticipaient déjà le pivot … jusqu’à ce mercredi ! La peur d’une nouvelle hausse de taux en 2023 a fait vaciller les bourses mondiales en cette semaine du 15 août, faible en données économiques. Et les quelques chiffres publiés la semaine passée ont conforté cette inquiétude puisque les ventes au détail américaines ont augmenté plus que prévu, ce qui souligne la résilience de la consommation des ménages, et les chiffres d’inscription au chômage traduisent un marché de l’emploi qui reste tendu. 

La crainte d’avoir des taux d’intérêt plus élevés plus longtemps a chahuté le marché obligataire : le taux 10 ans US s’est tendu au-dessus des 4,3% soit le plus haut niveau depuis 2008 et le taux hypothécaire à 30 ans est, lui aussi, au plus haut depuis 21 ans à 7,2%. Cette semaine, tous les regards seront tournés en direction du Wyoming, l’Etat américain qui accueille les grands argentiers pour la réunion annuelle de Jackson Hole. J. Powell s’exprimera jeudi matin, le rendez-vous est donc pris!

Du côté de l’Empire du Milieu, l’économie ne semble pas s’améliorer, bien au contraire. Les dernières données économiques laissent transparaître des difficultés tant au niveau industriel qu’au niveau de la consommation. En effet, la production industrielle ressort largement en-dessous des attentes, tout comme les ventes au détail. Autre surprise, le gouvernement a indiqué qu’il ne publierait plus le chiffre du chômage des jeunes car la méthode de calcul doit être revue. Cela ne rassure pas les marchés financiers car cette statistique explose avec un taux supérieur à 20% le mois dernier ! Les plans de relance massifs de la part du gouvernement se font attendre impatiemment et les quelques baisses de taux annoncées ne sont pas suffisantes pour redonner confiance aux investisseurs mondiaux. Pire, alors que le marché chinois est en bear market, la BPC a encore déçu ce lundi avec un abaissement timoré du taux préférentiel de prêt à 1 an et le maintien du taux à 5 ans. D’autant plus que les préoccupations autour du secteur immobilier sont toujours présentes avec le placement d’Evergrande en procédure de faillite aux Etats-Unis cette semaine et le défaut de paiement de Country Garden, l’un des plus grands groupes immobiliers chinois, sur plusieurs de ses engagements obligataires.

Ces inquiétudes ont pesé sur l’Europe qui accuse un recul de plus de 2%. Le secteur du luxe a particulièrement été touché du fait de son exposition à la consommation chinoise ainsi que le secteur automobile suite à l’annonce d’une nouvelle baisse de prix de la part de Tesla en Chine. La situation en Allemagne reste préoccupante avec un sentiment économique toujours négatif et les Pays-Bas suivent son parcours en rentrant officiellement en récession à leur tour.

Entre l’inquiétude en Chine et l’évolution des taux d’intérêt aux Etats-Unis, l’optimisme de juillet s’est évaporé en ce mois d’août, mois historiquement volatil en bourse du fait des faibles volumes d’échanges. Graphiquement, plusieurs indices mondiaux testent leurs résistances sur leurs moyennes mobiles. L’été va-t-il finir sur une note ensoleillée ou sous un ciel grisâtre?

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