Croissance : La France pourrait-elle s’inspirer de l’Italie ?

Dans une tribune publiée récemment, l’économiste Véronique Riches-Flores rappelle que l’exemple italien ne doit pas servir d’alibi aux appels à l’austérité en France. Selon elle, l’Italie n’a commencé à maîtriser sa dette qu’après avoir assoupli ses politiques budgétaires et profité pleinement du plan de relance européen de 2020, notamment grâce à son ambitieux programme de rénovation du logement. Ce dernier a permis de relancer l’investissement et l’emploi dans la construction, avec des effets multiplicateurs sans précédent.
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Dans une tribune publiée récemment, l’économiste Véronique Riches-Flores rappelle que l’exemple italien ne doit pas servir d’alibi aux appels à l’austérité en France. Selon elle, l’Italie n’a commencé à maîtriser sa dette qu’après avoir assoupli ses politiques budgétaires et profité pleinement du plan de relance européen de 2020, notamment grâce à son ambitieux programme de rénovation du logement. Ce dernier a permis de relancer l’investissement et l’emploi dans la construction, avec des effets multiplicateurs sans précédent.

Il y a bien un domaine où la France peut s’inspirer de l’expérience italienne!…

La petite musique tourne à répétition et finit par convaincre. Pourquoi les Français ne pourraient-ils pas supporter les efforts que les Italiens ont supportés?

On oublie un peu vite que la Botte n’a commencé à maîtriser l’évolution de sa dette que lorsque l’UE lui a permis de lever le pied sur les politiques contre productives d’austérité.
On oublie, aussi, que l’Italie a été le premier bénéficiaire du plan de relance européen de 2020 et que c’est l’un des rares pays à avoir mis à profit la capacité d’emprunt qui lui était assortie.

On oublie, plus que tout, les effets exceptionnels du programme de rénovation du logement qui permit la renaissance du secteur moribond de la construction du pays, avec des multiplicateurs sans précédent sur l’investissement et l’emploi (graph. 1)

On oublie, enfin, qu’à croissance économique nominale équivalente, l’Italie, comme la Grèce, étaient de loin les pays mieux placés pour retirer les plus grands bénéfices de l’inflation de 2022 et 2023, compte-tenu de leur haut niveau d’endettement.
Si l’expérience italienne peut nous servir, ce n’est pas dans l’austérité qu’il faut y chercher l’inspiration. La croissance des dépenses publiques françaises a été la plus faible des principaux pays européens, Italie comprise, depuis 2019 (voir illustration 2 ci-dessous). C’est, plutôt, dans l’utilisation qui a été faite des programmes de relance, dans la construction, notamment, le logement en particulier, quand bien même la forme du superbonus n’était pas la meilleure.

Le déficit de logements n’est pas contestable en France et constitue l’une des premières sources de précarité dont les dernières tendances sont effrayantes pour ce qu’elles nous renvoient de l’état de notre société et des perspectives hexagonales.
La pénurie fait que le poste logement est, de loin, le plus important des dépenses des ménages, tout particulièrement pour les jeunes et les plus modestes, et qu’il constitue, en retour, un coût budgétaire significatif.

Une véritable politique en faveur du logement en France, à ne pas confondre avec l’immobilier, impliquant le public et le privé, aurait des effets immédiats sur la croissance économique, l’investissement et l’emploi et constituerait, par là-même, une source quasi-instantanée de revenus publics additionnels, en même temps que de réconfort pour les Français.

Le taux d’épargne serait mieux à même de cesser son escalade, quitte à ce que des mesures incitatives de déblocage anticipé de l’épargne long terme soient temporairement adoptées.

Stimuler la croissance n’est pas une option mais un impératif en France. Cela n’implique pas l’abandon des objectifs de rigueur mais, au contraire, leur donnerait plus de crédit, avec des taux d’intérêt très supérieurs à la croissance du PIB nominal, respectivement de 3,50 % aujourd’hui, contre 2,5 % au deuxième trimestre, que la France aura sous peu du mal à tenir.

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