Croissance mondiale : accalmie fragile, vigilance nécessaire

Emmanuel Auboyneau (Amplegest) observe un paysage économique contrasté : les États-Unis sortent difficilement du brouillard statistique du shutdown, avec une consommation qui ne tient plus que grâce aux ménages aisés et un marché du travail moins robuste.

Emmanuel Auboyneau (Amplegest) observe un paysage économique contrasté : les États-Unis sortent difficilement du brouillard statistique du shutdown, avec une consommation qui ne tient plus que grâce aux ménages aisés et un marché du travail moins robuste. En Europe, la croissance reste faible mais stable, avec une France plus résiliente que prévu malgré un climat politique dégradé. La Chine, elle, conserve une marge de manœuvre budgétaire et monétaire. Un éventuel accord en Ukraine doperait nettement la confiance. Dans ce contexte volatil, Emmanuel Auboyneau privilégie une allocation équilibrée et prudente.

Alors que les Etats-Unis peinent à sortir d’un brouillard statistique lié au shutdown, les perspectives de croissance mondiale se stabilisent dans les différentes grandes zones géographiques. Une résolution du conflit ukrainien, encore très hypothétique à ce jour, apporterait un surcroit de croissance, surtout en Europe.

Le shutdown a mis les Etats-Unis sous cloche depuis plusieurs mois et il est difficile d’avoir une vision précise de l’économie américaine. Tout au plus pouvons-nous nous attendre à une activité toujours résiliente, en partie dopée par un effet stocks et commerce extérieur. La consommation semble tenir mais elle repose davantage aujourd’hui sur les classes aisées alors qu’elle stagne ou diminue pour les moins hauts revenus. La bonne tenue de la consommation est un élément essentiel pour la croissance future aux Etats-Unis. Elle dépend de la confiance des ménages dont on constate une érosion récente. Les ménages américains semblent surtout avoir une vision négative de l’inflation future, à plus de 3,5%, ce qui pourrait freiner leurs velléités de dépenses.

Le point de tension de l’économie américaine depuis quelques mois est le marché du travail si solide ces dernières années. Le chômage est légèrement remonté et les créations d’emplois diminuent progressivement même cela reste mesuré. Paradoxalement, on constate une pénurie de main d’œuvre qualifiée ce qui incite les employeurs à maintenir des salaires élevés pour cette catégorie de travailleurs. Un marché du travail fragile et une inflation au-dessus de l’objectif seront les deux paramètres, contradictoires, qui guideront l’action de la réserve Fédérale dans les prochains mois. Nous pensons que la Banque Centrale baissera ses taux en décembre avant de rentrer dans une période d’observation de plusieurs mois peu propice aux décisions.

La situation est plus claire dans les autres zones géographiques, même si la Chine n’est jamais simple à analyser. La croissance semble tenir, entre 4% et 5%, et tout sera fait pour qu’elle ne ralentisse pas davantage. La production industrielle se reprend légèrement, la consommation également même si elle est dopée par les commandes gouvernementales. L’inflation est toujours très faible, laissant toute latitude aux autorités budgétaires et monétaires pour agir afin de soutenir l’activité dans les prochains mois.

En Europe la croissance reste globalement faible mais ne ralentit pas davantage. L’Allemagne est toujours dans une situation préoccupante, avec une croissance proche de 0, une confiance et une consommation atones. Nous attendons la mise en place effective des plans de relance en 2026 pour doper progressivement l’activité. Paradoxalement, en France la situation s’améliore en dépit d’un contexte politique très négatif. Les derniers chiffres d’activité ont surpris même s’ils restent globalement faibles. L’inflation en France est par ailleurs une des plus faibles en Europe, autour de 1%.

Une résolution du conflit ukrainien serait à l’évidence une bonne nouvelle pour le continent européen. Elle aurait un effet positif sur la confiance et la consommation. Le taux d’épargne qui a beaucoup progressé depuis 4 ans (environ 19% en France !) serait amené à diminuer.

Les marchés font preuve de volatilité depuis plusieurs semaines, partagés entre de bonnes publications de sociétés et des valorisations exigeantes. Les effets de la révolution numérique restent difficiles à appréhender, avec l’annonce régulière de nouvelles concurrences à moindre coût, et les investisseurs deviennent très exigeants sur les chiffres. Nous restons équilibrés dans nos allocations, tant géographiques que sectorielles, afin de limiter le plus possible les conséquences de cette volatilité.

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