La Fibee Academy donne la parole aux étudiants en économie et en finance pour publier leurs analyses, leurs réflexions et leurs notes d’actualité dans ses pages. L’occasion pour eux de partager leur analyses aux côtés des des économistes, gérants et analystes de référence.
Les rendements de la dette française ont nettement augmenté ces derniers mois, avec une OAT 10 ans à 3,61 % (+5 pb) et une OAT 30 ans à 4,52 % (+7 pb) atteignant des niveaux inédits depuis 2011.
Sur le marché obligataire, on observe le mécanisme de l’effet balançoire : quand les rendements montent, la valeur des obligations et donc celle de la dette baisse.
Cette tension s’ajoute au coût de financement de l’État, alourdissant les charges et impactant les ménages et les entreprises. Mais contrairement aux idées reçues, cela ne traduit pas une panique spécifique à la France.
En effet, les taux longs remontent partout en Europe, y compris en Allemagne, qui a annoncé une hausse massive de ses émissions obligataires en 2026 pour financer ses infrastructures et le secteur de la défense.
La France reste néanmoins sous surveillance. L’échec des discussions budgétaires et l’accumulation de la dette (+66 milliards € au 3ème trimestre, à 117,4 % du PIB) entretiennent la méfiance.
Pourtant, le signal clé n’est pas celui des taux, mais bien celui de l’écart avec l’Allemagne (spread) autour de 71 pb, en recul par rapport au début octobre. On en déduit que le marché prend en compte ce risque sans alerter pour autant.
Les investisseurs demandent donc une prime de risque plus élevée, mais continuent de financer la France tant que la crédibilité persistent.
Sources : INSEE, Agence France Trésor, ZoneBourse