Dédollarisation

La dédollarisation est un phénomène limité au niveau mondial. Selon les données de Swift, 48% des paiements internationaux en 2023 ont été effectués en dollar – soit un record en dix ans. Certains pays sont toutefois plus avancés que d’autres dans le processus de dédollarisation. C’est le cas de la Chine qui mise sur l’or comme alternative au billet vert. Les données des douanes montrent que le pays a importé 234 tonnes d’or en janvier 2024 – du jamais vu. Et ce n’est pas près de s’arrêter ! La banque centrale chinoise est acheteuse nette d’or sans discontinuer depuis dix-sept mois. S’ajoute à cela la forte demande de la part des épargnants chinois. Elle est à un point haut de cinq ans. Pour cause : l’or a surperformé tous les autres actifs financiers libellés en yuan au premier trimestre, en particulier les actions chinoises. 

L’autre actualité de la semaine, c’est l’union des marchés des capitaux. Vous en avez certainement entendu parler. L’idée est simple sur le papier : il s’agit de réduire la fragmentation actuelle qui empêche de mobiliser pleinement l’épargne des Européens. Certains plaident par exemple pour l’existence d’une seule bourse sur le continent européen. Mais ce n’est pas si simple. Aux États-Unis, un processus similaire a été enclenché à partir des années 60, notamment pour unifier le paysage bancaire. Il a fallu plus de quarante ans pour que cela aboutisse avec le vote par le Congrès du Gramm-Leach-Bliley Act. Dans l’intervalle, un long processus d’unification des normes et de la réglementation fut mis en œuvre par les cours fédérales puis par la Cour Suprême. Ce fut long et fastidieux. Tout porte à croire que ce sera tout aussi long pour l’Europe…malheureusement.

Perspectives

C’est le rendez-vous de la semaine. La Réserve Fédérale (Fed) se réunit. Si vous espérez avoir un calendrier plus précis de la baisse des taux, vous allez être déçus. Il faudra certainement attendre la réunion du mois de juin à l’occasion de laquelle les projections macroéconomiques seront mises à jour. Entre-temps, la perspective d’une baisse des taux continue de s’éloigner, ce qui fait monter les rendements obligataires et le dollar. La force du billet vert commence à poser un problème. La semaine passée, l’Indonésie a été contrainte d’augmenter son taux directeur pour soutenir la monnaie locale. D’autres pays asiatiques sont dans des situations similaires. Il faut s’attendre à des actions des banques centrales pour freiner la dépréciation des monnaies face au dollar.

Nous pouvons au moins être soulagés que le calendrier de baisse des taux soit plus lisible en zone euro. L’estimation flash de l’inflation en avril devrait confirmer le processus de désinflation et ouvrir grand la porte à une première baisse des taux en juin prochain. Attention, la Banque Centrale Européenne laisse entendre qu’elle pourrait baisser ses taux plus que ce qui est prévu par le consensus de marché. Certains membres du conseil des gouverneurs plaident en faveur d’une baisse du loyer de l’argent de 100 points de base en 2024. Ce serait une mauvaise nouvelle pour l’euro.

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