La publication des chiffres d’inflation aux Etats-Unis mardi a renforcé le sentiment que le combat des banques centrales pour ramener l’inflation à 2% n’est pas gagné, malgré les progrès significatifs réalisés.
Même si l’inflation globale avoisine les 3%, l’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) continue d’évoluer à 4%, soit deux fois l’objectif de la Fed. Et le problème pour la Fed est que cette inflation est surtout tirée par les services, secteur qui représente la plus grande partie de l’économie américaine.
Le pic de l’inflation sous-jacente aux Etats-Unis avait été atteint en septembre 2022 à 6.6%. Il a donc fallu près de 14 mois pour passer de 6.6% à 4.0%. Donc encore plusieurs trimestres nécessaires au retour à 2% ce qui écarte toute urgence pour la Fed de baisser ses taux.
La dernière hausse de taux de la Fed remonte à juillet et il s’agit très probablement d’une pause définitive mais les anticipations de marché sur la date de la première baisse de taux ainsi que le nombre total de baisses de baisses de taux pour 2024 sont probablement trop optimistes. Il y a quelques jours seulement, les marchés considéraient qu’il y avait 60% de chances pour une première baisse de taux dès le mois de mars…mais la réalité des chiffres économiques américains les a rappelés à la réalité.
En effet en l’espace de quelques jours un rapport sur l’emploi assez nettement au-dessus des attentes (baisse surprise du taux de chômage et progression annuelle des salaires encore à 4%), un rebond mensuel de l’indice d’activité dans les services (indice ISM) et pour finir l’absence de progrès sur l’inflation sous-jacente toujours à 4% en novembre, ont éloigné la perspective d’une première baisse de taux de la Fed au mois de mai…
Les marchés sont passés très (trop ?) rapidement de la phase de l’estimation du taux terminal pour la Fed et la BCE, à la phase où les premières baisses de taux sont agressivement « pricées »…oubliant peut-être au passage la notion de « higher for longer » mise régulièrement en avant par Christine Lagarde ou Jerome Powell. Cette phase de long plateau sur les taux est nécessaire pour écarter toute velléité de reprise de l’inflation ou tout simplement pour s’assurer que l’inflation converge durablement avec l’objectif des 2%.
Une période de plusieurs mois pourrait pousser les marchés actions à la consolidation, marchés pris en tenaille entre des données macroéconomiques qui se dégradent et l’absence de pivot des banques centrales pour l’instant.