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Des signaux forts sur l’activité avec la poursuite du réveil du secteur des services

En effet la dernière fournée des enquêtes sur l’état de l’activité dans le secteur des services pour le mois de mai a révélé un très fort rebond. En fait, l’indicateurs composite, regroupant les enquêtes PMI dans les secteurs manufacturiers et des services au niveau mondial publié par JP Morgan se trouve aujourd’hui au plus haut depuis 15 ans. Evidemment la force du rebond est différente selon les pays. Ceux qui sont les plus avancés dans l’ouverture des économies grâce aux campagnes de vaccination connaissant l’accélération la plus marquée de l’activité des services, qui représentent la plus importante partie des économies.

Aux Etats-Unis, l’indice ISM pour les services se retrouve au plus haut niveau depuis qu’il a été introduit en 1998. Tous les secteurs intégrant l’indice montrent une croissance forte. En fait, depuis quelques mois on ne cesse de battre des records, montrant bien la force de la reprise de l’économie américaine. Comme nous le savons tous, celle-ci est stimulée par l’ouverture de l’économie et un soutien extraordinaire de la politique économique. Ainsi, la force de la demande tire de manière massive l’activité vers le haut.

Evidemment, tout en se réjouissant de cette embellie extraordinaire, les investisseurs qui ont déjà intégré une partie de ce très fort rebond dans les prix des actifs, se posent la question sur les possibles ajustements que cette situation pourrait entrainer au niveau de la politique économique, et plus précisément de la politique monétaire. En effet, le débat sur la surchauffe de l’économie gagne du terrain, même si le meilleur thermomètre pour le mesurer qui est le marché obligataire reste très calme au regard de la situation. Les taux d’intérêts à moyen et long terme restent dans une fourchette asses étroite. Certes les chiffres très forts d’hier ont poussé les taux vers le haut, mais surtout par sa partie réelle. Les anticipations d’inflation sont restées relativement stables.

C’est bien le risque d’inflation plus élevée, de manière plus durable qu’attendu, qui doit nous préoccuper. La raison sont les tensions très fortes que la demande est en train d’exercer sur l’offre.  On retrouve dans les services à peu près les mêmes tensions que sur le secteur manufacturier, mais évidemment de manière différente compte tenu de la nature des activités de service.

Ainsi, nous voyons, en particulier, les entreprises être incapables de suivre la demande et ceci se traduit par des tensions qui poussent à la hausse les prix.

Ces tensions, du moins avec l’acuité actuelle, ne devraient pas durer éternellement. L’offre devrait s’y adapter alors que la demande devrait fléchir peu à peu. Toutefois, il est bien possible qu’elle dure bien plus longtemps que ce que le marché anticipe aujourd’hui. Le terme de tension temporaires est devenu tellement répandu que tout le monde y croit comme si cela était déjà devenu une réalité.

Rien est moins sûr, d’autant plus qu’il n’y a pas, à l’heure actuelle de force qui ferait ces pressions s’estomper. En fait, paradoxalement, tout est fait pour qu’elle s’intensifient. Ainsi, la Fed continue d’avoir un discours de soutien sans faille à l’économie en conservant une politique de stimulation monétaire qu’elle ne pense pas changer de sitôt.

En fait, tant que les anticipations d’inflation, du moins celles mesurées au travers du marché obligataire, restent relativement contenues, la Fed peut penser qu’il est encore urgent d’attendre. Seule une accélération encore plus forte des créations d’emplois, qui pourrait engendrer des tensions salariales semble être la jauge des banquiers centraux.

Dans cette situation inédite, cette stratégie peut s’avérer dangereuse et résulter peu à peu dans un écartement durable des anticipations d’inflation. Pour l’instant on n’y est pas. Mais, les chiffres d’emplois d’aujourd’hui, s’ils sont forts, alors que la Fed a décidé de piloter à vue, pourraient entamer la confiance dans le scénario que certains banquiers centraux continuent à défendre.

En Zone Euro, l’embellie des services est bien là avec l’ouverture des économies. L’enquête PMI finale pour le mois de mai a confirmé les résultats préliminaires d’il y a 2 semaines, montrant un fort rebond de l’activité dans les services. Au total, la statistique finale était un peu plus élevée qu’attendue.

Comme anticipé, un rebond fort de l’activité sera au rendez-vous du 2T21 après deux trimestres de contraction successifs du PIB pour cause de pandémie. De manière encore plus rassurante, la dynamique que nous voyons, que ce soit dans l’industrie comme dans les services, devrait se maintenir encore pour un certain temps, avec même une accélération de la croissance au 3T21.

Au total, avec la poursuite des campagnes de vaccinations, l’été en Europe s’annonce chaud en terme d’activité économique. Ce rebond sera d’autant plus fort que la mobilité à l’intérieur de la zone retrouvera des couleurs. En outre, avec la force de la croissance américaine, nous serons dans une situation de croissance synchronisée des deux côtés de l’Atlantique ce qui viendra d’autant plus consolider cette reprise.

Dans ce contexte, la question reste ouverte concernant de ce que fera la BCE lors de sa réunion de juin. Pour l’instant, tout plaide pour que les banquiers centraux maintiennent leur niveau d’achat de titres d’Etat plus élevés à travers le dispositif du PEPP. Du moins c’est le sens des commentaires de plusieurs membres du conseil des gouverneurs.

Enfin, soulignons que les statistiques chinoises sur l’activité dans les services pour le mois de mai, ressorties en dessous des attentes, ont continuer à indiquer une modération de la croissance. On devrait tout de même avoir un rebond de l’activité en ce deuxième trimestre et une légère accélération par la suite, d’autant plus que la croissance aux Etats-Unis et en Europe devrait porter les exportations chinoises.

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