La dégradation de la dette publique française devient de plus en plus manifeste aux yeux des marchés, explique Patrick Artus. Le déficit reste abyssal (5,8 % du PIB en 2024) sans perspective crédible de retour sous les 3 % avant 2030. Pourquoi ? Parce qu’aucun levier politique ou social ne semble activable : le vieillissement pèse sur la santé, le système éducatif est défaillant, les aides aux entreprises explosent, et la transition énergétique demande des investissements colossaux. Résultat : les taux d’intérêt à 10 ans français dépassent ceux de l’Espagne et talonnent ceux de l’Italie, signe d’une défiance grandissante. Malgré cela, l’opinion publique et les décideurs restent passifs. Et à mesure que se rapproche l’élection présidentielle de 2027, le risque politique s’ajoute à l’équation budgétaire.
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