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Fibee News : Effet ciseaux sur la paire de devises Euro / Dollar

L’Euro, traditionnellement classé dans la famille des actifs « à risque » au même titre que les actions, reste lourdement déprimée sous la parité parfaite (1 Dollar pour 1 Euro). Une baisse chronique depuis la fin du mois de mai 2021, alimentée par un « effet ciseaux » dévastateur…

D’un côté, la première lame du ciseau est constituée par le caractère refuge du billet vert, la tentation de recherche d’îlots d’investissement traditionnellement préservés étant le réflexe le plus légitime et courant des investisseurs. Ce qui est vrai sur la variation du Dollar face à l’Euro, paire qui nous intéresse ici, l’est aussi par rapport à d’autres devises. Le « Dollar Index », qui représente les variations du billet vert par rapport à un panier de devises majeures, en atteste. Cet important baromètre a gagné près de 20% depuis le 1er janvier, après avoir passé 7 ans en canal latéral (range horizontal).

De l’autre, la devise à risque que constitue la monnaie unique subit de plein fouet les craintes d’entrée en récession des principaux pôles économiques de la planète. C’est ce que nous appellerons la seconde lame du ciseau. L’indice « Sentix » de confiance des investisseurs en Zone Euro aura à ce titre refroidi une ambiance déjà bien fraîche lundi dernier. En sombrant à -38,3 points, l’indice publié par le cabinet éponyme, spécialiste en finance comportementale, est ressorti au plus bas depuis… mai 2020, soit en plein chaos sanitaire.

Par ailleurs, le potentiel de « rémunération » du Dollar ne peut qu’à ce stade le favoriser. Ou plutôt le potentiel d’accroissement de l’écart entre les deux « rémunérations » des deux devises du spot EURUSD. Les tensions persistantes sur le front de l’emploi américain, avec la contraction du taux de chômage à 3,5% de la population active et des créations de postes dans le secteur privé plus vigoureuses qu’attendues en septembre, auront sonné comme un aveu d’impuissance pour la Fed, sur fond d’inflation qui devient structurellement puissante. Pour rappel, hors alimentation et énergie (éléments jugés volatils), l’inflation en rythme annualisé ressort à +6,6%, après deux mois consécutifs de hausse mensuelle de 0.6%. La tonicité des ventes de détail achève de brosser le tableau d’une économie en risque de surchauffe, au moment même où tout est fait pour resserrer le robinet du crédit.

Soit autant de signes militant pour une poursuite, sans pause, de la mise en place d’une politique monétaire belliqueuse (hawkish). De quoi réduire à peau de chagrin les espoirs d’une Fed un peu plus souple. Le scénario d’un relèvement de 75 points de base des Fed Funds est plus que jamais sur la table pour le prochain FOMC (Federal Open Market Committee), Comité de politique monétaire qui s’achèvera le 02 novembre. Les moindres inflexions dans les éléments de langage utilisés seront scrutées comme autant de signaux faibles permettant de tenter d’affiner la trajectoire du loyer du Dollar pour les mois à venir.

L’œil de l’analyste technique décrit parfaitement cette psychologie de marché, avec des oscillations en canal baissier très net, sous la pression d’une moyenne mobile à 50 jours qui fait office de résistance graphique puissante. Aucun mouvement d’abdication n’est à ce stade palpable. Et c’est peut-être ça le plus inquiétant… Une décrue sans purge pouvant signifier une décrue durable. Surtout depuis le pullback (rejet graphique) sur le niveau de parité parfaite, le 04 octobre.

Par Alexandre TIXIER pour Fibee

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