Émissions de carbone : une bombe à retardement pour la valorisation à terme des des entreprises

La transition écologique ne pourra pas être menée sans la mobilisation des entreprises. Le GIEC a démontré la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique, et l’impératif de réduction des émissions de CO2 pour contenir le réchauffement et les catastrophes environnementales qu’il engendre (disparition de la biodiversité, canicules, inondations…). De fait, la lutte pour le climat s’intensifie, sous l’impulsion du législateur, principalement en Europe. La réglementation se durcit progressivement, pour encourager la transition durable des entreprises. A moyen terme, la comptabilisation des émissions de carbone émises dans le bilan annuel des sociétés cotées pourrait devenir une obligation légale pour toutes les entreprises. Or, une telle prise en compte des émissions de CO2 couplée au signal prix d’une tarification carbone ambitieuse est de nature à pénaliser les cours de bourse des entreprises cotées n’ayant pas initié leur transition.

Cette perte de valorisation pourrait atteindre jusqu’à 53,7% pour les 600 plus grandes capitalisations européennes, avec un prix du carbone à 113 euros la tonne (contre 80 à 90 euros aujourd’hui en Europe). A partir de 200 euros par tonne de CO2 (soit le prix estimé par le GIEC à l’horizon 2030), la baisse de valorisation des entreprises cotées atteindrait 63%. Ces projections du cabinet de conseil en finance responsable Axylia , publiées en décembre 2022, prennent en compte les 3 scopes d’émissions constatées liées à l’activité de l’entreprise : le scope 1[1] (émissions de carbone directes lors du processus de la production), le scope 2 (émissions indirectes liées à la consommation d’énergie) mais aussi le scope 3 (autres émissions indirectes présentes en amont avec l’approvisionnement en matières premières ou en aval avec la gestion de la fin de vie des produits) qui concentre en moyenne 80% des émissions de CO2 totales . Toutes les entreprises peuvent adopter la comptabilité carbone, en suivant les préconisations de la base Empreinte de l’Ademe, publiée fin février 2023.

Normer le « scope 4 » : un enjeu environnemental, financier et concurrentiel

Des entreprises se mobilisent également pour concevoir des solutions, offre de produits et/ou de services capable d’accélérer cette transition climatique. Ces solutions innovantes viennent remplacer des solutions plus carbonées et permettent donc de contribuer à éviter des émissions de carbone. Ces émissions de carbone évitées, autrement appelées « scope 4 », sont différentes de celles – factuellement mesurable – des scopes 1, 2 et 3. Or, il est plus difficile de mesurer l’absence d’émissions de CO2, qui peut être évaluée mais non constatée. En conséquence, plusieurs modes de calcul très distincts peuvent être employés pour établir la comptabilisation de ces émissions évitées. Faute d’une norme détaillée et commune à toutes les entreprises, le scope 4 reste peu répandu dans la communication extra-financière des entreprises mettant en place une comptabilité environnementale D’ailleurs, la norme ISO 14064-1 encadrant la comptabilité carbone des entreprises recommande de ne pas associer les émissions évitées au calcul des émissions constatées dans le périmètre d’activité de l’entreprise. Pour autant, une standardisation de ce scope 4 permettrait une plus grande démocratisation des solutions climatiques existantes portées par ces entreprises.

Réduire les émissions carbone est un atout de compétitivité

En Europe, où le prix du carbone est l’un des plus élevé du monde, seules 40% des émissions font l’objet de transaction actuellement. S’inspirant de l’exemple européen, la Chine a mis en place son propre système d’échange de quotas d’émissions il y a deux ans. Le FMI réfléchit à établir un prix plancher à l’échelle mondiale, variant selon le niveau de développement des pays. Cette réflexion, signe d’une coopération internationale autour du climat, aurait également le potentiel de rebattre les cartes pour les entreprises à l’international. Pionnières, les entreprises européennes ayant commencé à réduire leurs émissions de carbone bénéficieraient d’un avantage indéniable par rapport à leurs concurrents internationaux. Par exemple, la taxation carbone aux frontières européennes (progressive dès 2025) apportera un regain de compétitivité à Aperam, face à ses concurrents internationaux (chinois, turcs, indonésiens…), pratiquant un acier inoxydable à prix bas mais hautement carboné.

Ces sociétés cotées ont compris les enjeux de valorisation boursière associés au défi de la transition durable. Certaines entreprises européennes utilisent le prix du carbone pour prendre des décisions industrielles et orienter leur stratégie de recherche et développement. Le producteur de matériaux pour l’habitat Saint-Gobain travaille avec deux hypothèses de prix du carbone. La première, correspondant au prix du marché moyen, oriente les décisions opérationnelles. La seconde fixe la tonne de carbone à un prix supérieur au prix actuel du carbone (100 euros, révisable dans le temps) pour intégrer son inévitable hausse à l’avenir. Cette hypothèse est retenue pour ses projets de R&D, afin d’accélérer l’émergence de technologies de rupture décarbonées.

Getlink (ex-Eurotunnel), opérateur d’infrastructures pour la mobilité, a introduit la notion de marge décarbonée dans ses résultats annuels 2022. Son EBITDA[2] décarboné, intégrant le coût associé aux externalités que représentent les émissions de scope 1, 2 et 3, atteint 97% de sa marge d’EBITDA. Cette publication démontre le positionnement de l’entreprise sur la mobilité bas carbone ainsi que la résilience de l’entreprise face au risque croissant que pose la tarification du carbone.

Plus récemment, sept entreprises françaises cotées ont signé une charte dans laquelle elles s’engagent à accompagner de nombreuses PME dans leur stratégie de décarbonation. Cette « Alliance Pacte PME » prévoit d’ici 2025 d’accompagner plus de 3400 PME au travers de plusieurs trajectoires d’accompagnement des entreprises, adaptées à leur situation actuelle. Cette initiative sera financée en partie par l’Etat et le ministère des PME et du Commerce, et par les grands comptes concernés. Cette initiative illustre une fois de plus la force du collectif et des partenariats public-privé pour mener à bien la transition écologique.

Charge maintenant aux investisseurs, de plus en plus nombreux à intégrer des critères extra-financiers dont les émissions de CO2 dans leur processus de gestion, d’accompagner et de valoriser les efforts menés par ces entreprises pour la réussite d’une transition vers une société bas carbone. Chaque investisseur, à son échelle, peut y contribuer et Dorval Asset Management leur permet de le faire via le fonds Dorval European Climate Initiative.

Dorval Asset Management gère le fonds Climat Dorval European Climate Initiative, labellisé Greenfin[3] et ISR[6]

Les gérants du fonds Dorval European Climate Initiative s’engagent et capitalisent sur leur expertise d’analyse extra-financière pour traiter les enjeux climatiques au travers d’une sélection d’entreprises pouvant apporter des solutions compatibles avec l’Accord de Paris. Le fonds s’appuie sur une analyse fondamentale financière et extra-financière pour sélectionner des entreprises et bâtir une allocation d’actifs orientée autour de 8 éco-activités (économie circulaire, énergie, transport etc.).

L’équipe de gestion porte une attention particulière au cycle économique et boursier et aux valorisations des entreprises dans lesquelles le fonds investit. « Nous avons voulu mettre en œuvre une stratégie d’investissement durable bâtie sur des convictions environnementales », a déclaré Tristan Fava, co-gérant de Dorval European Climate Initiative, lors du lancement de la nouvelle stratégie du fonds début janvier 2022. Dorval Asset Management vise par ce fonds à concilier performance économique avec l’impact social, environnemental et de gouvernance, tout en mobilisant tout ou partie de l’épargne au bénéfice de la transition énergétique et écologique.

« L’analyse extra-financière occupe une place prépondérante au sein du processus d’investissement : 70% de la note finale de l’émetteur est déterminée sur la base de critères ESG[7] (environnemental, social et de gouvernance). Cette note finale permet de sélectionner les entreprises européennes les plus impactantes sur le changement climatique selon nos analyses », complète Laurent Trulès, le co-gérant du fonds Dorval European Climate Initiative. Et de conclure : « Nous souhaitons envoyer un signal fort aux entreprises dans lesquelles nous prenons des participations : accélérons ensemble la transition ! »

Le fonds contribue par ailleurs au financement de la fondation Epic, qui lutte contre les inégalités touchant l’enfance et la jeunesse grâce à des organisations sociales rigoureusement sélectionnées pour leur fort impact, à travers le reversement de 10% des frais de gestion nets de rétrocessions du fonds.

La souscription à ce fonds est accessible aux investisseurs particuliers.
Le fonds climat de Dorval Asset Management est exposé aux risques spécifiques suivants : risque actions, risque de change, risque de taux, risque de crédit, risque lié à l’utilisation des instruments dérivés financiers et risque de durabilité. Le capital investi n’est pas garanti.

Chez Dorval AM, cette analyse est mise en pratique par Laurent Trules et Tristan Fava, cogérants du fonds Dorval European Climate Initiative (SRI 4). Classé « article 9[4] » selon la réglementation européenne SFDR[5], et labellisé Greenfin et ISR, ce fonds est investi en actions européennes. Les gérants sélectionnent des valeurs respectant leurs exigences climatiques, financières et extra-financières dans 8 thématiques participant à la lutte contre le réchauffement climatique en adéquation avec l’Accord de Paris. Comme tout investissement, le fonds « Climat » Dorval European Climate Initiative de Dorval Asset Management est exposé aux risques spécifiques suivants : risque actions, risque de change, risque de taux, risque de crédit, risque lié à l’utilisation des instruments dérivés financiers et risque de durabilité. Le capital investi n’est pas garanti.

Les exemples cités reposent sur la base d’analyses propres à Dorval AM en date du 17/07/2023. Ils ne constituent pas un engagement ou une garantie. Cette dernière se réserve la possibilité de faire évoluer ses analyses.

Termes et définitions
1. Scope ( scope 1 ) Le terme “scope” fait référence à la catégorisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) selon…
2. EBITDA. L’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) est une mesure de la performance financière d’une entreprise. En…
3. Greenfin. Le label Greenfin (précédemment connu sous le nom de label TEEC pour “Transition Énergétique et Écologique pour le…
4. article 9. La Private article 9 SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est une directive européenne visant à améliorer la transparence…
5. SFDR. La réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est un règlement européen qui vise à améliorer la transparence et l'intégrité des produits financiers liés au développement durable.
6. ISR. L’investissement socialement responsable (ISR) est une approche d’investissement qui combine des critères financiers et environnementaux, sociaux et de…
7. ESG. L’ESG (Environnement, Social et Gouvernance) est un terme générique qui désigne les critères de responsabilité sociale et environnementale…
Prec.
100% Sentiment
Suiv.
La dégradation de la note souveraine des US fait plonger les indices
Plus de publications