Dans cette analyse, François-Xavier Chauchat (Dorval AM), mer l’accent sur une divergence croissante entre grandes zones économiques, largement dictée par la crise énergétique. Le blocage du détroit d’Ormuz maintient les prix sous tension, avec un impact particulièrement marqué sur le gaz, dont les dynamiques restent régionales. L’Europe et l’Asie, dépendantes du GNL, subissent une pression accrue, tandis que les États-Unis bénéficient de leur autosuffisance énergétique.

Les négociations incertaines entre américains et iraniens s’accompagnent d’un blocus du détroit d’Ormuz. La date de la réouverture probable s’éloigne donc un peu (graphique 1). En attendant, le prix de l’énergie reste sous tension, au fur et à mesure que les stocks baissent.

Si le prix du pétrole brut semble relativement uniforme au niveau mondial, ce n’est pas le cas du prix du gaz naturel, plus régional. L’Asie et l’Europe se font concurrence sur le GNL alors que les Etats-Unis sont auto-suffisants (graphique 2).

Cet avantage américain se retrouve assez logiquement dans l’inflation anticipée qui augmente plus rapidement en Europe qu’aux Etats-Unis (graphique 3).

Du côté de l’activité, les enquêtes de conjoncture pour le mois d’avril commencent à dévoiler les premiers dégâts sur la croissance. Le ralentissement est surtout concentré dans les services (graphique 4). L’Europe, avec un PMI Composite en avril de 48,6 vs 50,7 en mars, est plus pénalisée que les Etats-Unis, 52 en avril vs 50.3 en mars.

Les détails par secteur en mars indiquaient que le tourisme, les transports et l’immobilier étaient les services les plus en difficulté ; avril ne devrait pas être différent (graphique 5).

Du côté des prix, l’intrant manufacturier accélère fortement en Europe. En revanche le prix de vente des services reste sage pour le moment (graphique 6). On observe, peu ou prou, le même mouvement aux Etats-Unis, d’une amplitude plus faible.

Les attentes pour les réunions des principales banques centrales (la Fed le 29 avril et la BCE le 30 avril) sont un statu quo avec toujours un biais haussier sur l’inflation et baissier sur la croissance. Etant donnée le point de départ de l’économie avant le choc, la nature du choc et les différences de sensibilité du système économique, la BCE est dans une position plus inconfortable que la Fed. Ceci se traduit par des anticipations de hausse de taux en Europe et pas aux Etats-Unis (graphique 6).

Si le cessez-le-feu réduit la probabilité de déflagration, les négociations sous blocage du détroit d’Ormuz augmentent marginalement le scénario d’enlisement, particulièrement défavorable à l’Europe et à l’Asie. Nous avons réduit l’exposition aux actions notamment dans les fonds flexibles européens en vendant un mélange de futures Euro Stoxx 50 (risque global) et Euro Stoxx Banque (risque de ralentissement spécifique à l’Europe).
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