Les derniers chiffres d’inflation en Europe et aux Etats-Unis atteignent près de 8% et rares sont les experts qui aujourd’hui se risquent à envisager que ce niveau redescendra suffisamment rapidement dans les prochains mois. Une inflation durablement trop élevée par rapport aux objectifs de 2% obligera les banques centrales à augmenter violemment les taux directeurs, au risque de casser le cycle économique et de provoquer une récession. Les banques centrales du monde entier (hormis la Banque Centrale Européenne…) ont toutes entamé ce mouvement : Etats-Unis, Angleterre, Canada, Australie et même la Suisse qui n’avait plus augmenté ses taux depuis 2007.
Quelle inflation actuellement ?
La cause des difficultés actuelles réside dans un déséquilibre entre l’offre et la demande.
L’offre a été contrainte ces derniers trimestres :
- par les confinements successifs de 2020 qui ont amenés les entreprises à réduire leurs coûts et donc leurs capacités de production (production de biens ou production de services, le plus impactant d’entre eux étant la logistique/transport international),
- par la politique 0 Covid de la Chine, qui provoque encore à l’heure actuelle la fermeture d’usines,
- par la guerre en Ukraine, qui contraint l’offre de produits énergétiques et alimentaires.
La demande au contraire a été exceptionnellement élevée :
- car les consommateurs des grands pays développés ont maintenu leur pouvoir d’achat tout en augmentant leur épargne, épargne qu’ils utilisent depuis quelques mois,
- car les marchés de l’emploi sont exceptionnellement dynamiques, les taux de chômage atteignant des niveaux historiquement bas.
Les banques centrales n’ayant pas la capacité d’agir sur l’offre, s’efforcent d’agir sur la demande, l’objectif étant de la réduire. La hausse des taux provoquée par les banques centrales doit rendre l’argent moins disponible, à la fois pour le consommateur, mais également pour les entreprises qui réduiront leurs investissements, risquant de provoquer une récession.
Des prémices de régularisation ?
Sans tomber dans l’optimisme béat, il nous semble que les marchés se focalisent (trop) sur les politiques des banques centrales et oublient les mécanismes de régulation naturelle des économies capitalistes : quand la demande se dégrade, les prix n’augmentent plus.
1. Les entreprises se targuent (pour l’instant) d’avoir répercuté l’inflation (voire plus…) dans leurs prix de ventes et les clients ont accepté ces hausses. Dès le troisième trimestre, nous pensons que de nouvelles hausses de prix ne passeront plus.
Les consommateurs ont puisé et puiseront sans doute dans leur épargne pour les vacances, mais pas au-delà. La récession étant annoncée, la prudence va revenir. Les indices de confiance ont chuté et atteignent des points bas. De plus, les consommateurs américains, largement investis sur les marchés financiers, ont vu leur patrimoine fortement impacté par les baisses conjuguées des actions et des obligations (voire les cryptomonnaies).