Aperçu de la réserve fédérale américaine (Fed)

États-Unis : un ralentissement de l’inflation encore insuffisant pour la Fed

Avec une hausse de 50 points de base, la réunion du 14 décembre de la Réserve Fédérale clôt une année exceptionnelle où la Fed a augmenté ses taux d’une fourchette de 0%-0,25% (en janvier) à 4,25%-4,50% (en décembre). Le rythme de hausse des taux au cours des précédents cycles de resserrement monétaire avait rarement dépassé les 2,00%-2,50% par an.

Le graphique des « dot plots », sur lequel chaque membre du comité de politique monétaire positionne son anticipation de taux pour les prochaines années, montre que le mouvement de hausse n’est pas terminé. Pour fin décembre 2023, les membres de la Fed anticipent un taux directeur situé entre 5% et 5,25%. Sur les 19 membres du comité, seuls deux voient les taux plus bas et sept les voient plus hauts. On peut donc penser que le plan de la Fed est d’augmenter encore ses taux d’au moins 0,75% au premier trimestre de l’année prochaine, puis de les maintenir à ce niveau jusqu’en fin d’année. Les premières baisses n’interviendraient pas avant 2024.

Les marchés anticipent une trajectoire nettement plus basse : selon les anticipations, la Fed ne remonterait ses taux directeurs que de 0,50% en début d’année prochaine et commencerait à les baisser dès le second semestre 2023. La publication de chiffres d’inflation plus faibles en octobre et novembre a cimenté la conviction des investisseurs que le pic de l’inflation est désormais passé et va rapidement permettre à la Fed d’assouplir sa politique monétaire.

En novembre, les prix à la consommation hors énergie et alimentation ont affiché une hausse de +6,0% sur un an, contre +6,1% attendu et un pic à +6,6% en septembre.

La décomposition de l’inflation montre néanmoins que l’essentiel du ralentissement provient du prix des biens qui étaient jusqu’alors les plus impactés par les conséquences de la pandémie, comme les voitures d’occasion. L’inflation des services, qui est directement liée au coût du travail, continue en revanche d’accélérer.

Plus fondamentalement, la Fed ne sera pas rassurée sur l’inflation tant que les salaires progresseront à un rythme soutenu. Or, les derniers chiffres ne montrent aucune tendance au ralentissement. Le rapport sur l’emploi du mois de novembre a montré une réaccélération du salaire horaire avec des révisions en hausse sur les deux mois précédents.

Les statistiques de novembre et les enquêtes PMI de décembre montrent un ralentissement de l’activité au quatrième trimestre, mais celui-ci ne se traduit pas encore par un retournement du marché du travail, à en juger le niveau toujours bas des inscriptions hebdomadaires au chômage.

Voir aussi : https://latribune.lazardfreresgestion.fr/point-conjoncturel-novembre-2022/

L’opinion exprimée ci-dessus est datée du 23 décembre 2022 et est susceptible de changer.

Ce document n’a pas de valeur pré-contractuelle ou contractuelle. Il est remis à son destinataire à titre d’information. Les analyses et/ou descriptions contenues dans ce document ne sauraient être interprétées comme des conseils ou recommandations de la part de Lazard Frères Gestion SAS. Ce document ne constitue ni une recommandation d’achat ou de vente, ni une incitation à l’investissement. Ce document est la propriété intellectuelle de Lazard Frères Gestion SAS. LAZARD FRERES GESTION – S.A.S au capital de 14.487.500€ – 352 213 599 RCS Paris 25, RUE DE COURCELLES – 75008 PARIS.

Total
0
Shares
Prev
Actifs numériques : l’AMF renforce sa doctrine sur les PSAN en matière d’honorabilité et de compétence et sur les communications promotionnelles
Next
Surprise au japon