Été | La revue de presse économique et financière

Été 2021 : les marchés financiers surfent sur la vague de la reprise économique

Agence SAND

Tout comme l’été dernier, les marchés financiers mondiaux ont continué leur progression malgré les inévitables soubresauts liés à la conjoncture sanitaire et géopolitique Tous les marchés ont évolué de concert, avec des hausses à peu près similaires des deux côtés de l’Atlantique En revanche, la Chine a subi de plein fouet les craintes des investisseurs internationaux vis à vis de la politique de Pékin, faisant plonger de près de 14 l’indice MSCI China (en US D) Cependant, ce sont essentiellement les valeurs de croissance qui ont tiré à la hausse les indices boursiers.

Sur le plan sanitaire, malgré l’accélération des campagnes de vaccination et la preuve de leur efficacité, le développement du variant Delta a entraîné de nouvelles restrictions dans de nombreux pays autour du globe.

La situation géopolitique a aussi été génératrice de tensions, avec la chute rapide du régime en place en Afghanistan et la reprise en main par les talibans.

Sur le plan économique, la dynamique amorcée depuis plus d’un an par les banquiers centraux et les États continue à porter les actifs financiers qui volent de records en records. Après la forte hausse des sociétés cycliques, qui ont bénéficié de la réouverture des économies en début d’année, les sociétés de croissance ont été, à leur tour, recherchées par les investisseurs depuis quelques mois. La conjonction d’une très bonne saison de résultats trimestriels, couplée à une amélioration constante des indicateurs macroéconomiques et de la situation de l’emploi, expliquent cet appétit pour les actifs risqués.

Aux États-Unis, l’activité économique s’est renforcée sur juillet et août au fur et à mesure de la réouverture de nombreux secteurs, impactant aussi bien les entreprises industrielles que les services. Le taux de chômage est resté stable par rapport aux mois de mai et juin. L’inflation a, quant à elle, grimpé à 5,4 % sur un an en juillet, toujours en raison des effets de base des prix du pétrole et d’autres facteurs temporaires.

La Fed a maintenu sa politique monétaire inchangée, mais a tout de même annoncé vouloir réduire ses rachats d’actifs dans un futur plus ou moins proche sans évoquer de date précise. Lors du symposium annuel de Jackson Hole fin août, le président de la Fed s’est attaché à rassurer les investisseurs. Bien qu’il ait pointé la hausse de l’inflation comme motif d’inquiétude, il a néanmoins annoncé que l’amélioration du marché du travail n’était pas suffisante pour entreprendre un resserrement monétaire dans l’immédiat.

De son côté, l’Europe a poursuivi son rebond économique entamé depuis le début de l’année. Le climat des affaires a bénéficié de l’assouplissement des restrictions liées au Covid-19. Les entreprises industrielles, comme celles des services, ont connu une forte hausse de leur activité. Les nombreux régimes de protection de l’emploi en Europe ont permis de contenir l’envolée du taux de chômage, stable à 7,7 % en juin. L’inflation est un peu mieux maîtrisée sur le Vieux Continent malgré son accélération à 2,2 % sur 12 mois en juin, en raison d’effets de base. Enfin, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) reste inchangée et le fonds de relance européen Next Generation EU a commencé son déploiement.

Du côté des pays émergents, la situation reste très hétérogène, tant sur le plan sanitaire qu’économique. Cette disparité se reflète sur les marchés actions, avec une stabilisation de l’Amérique latine et de l’Europe de l’Est, mais une forte chute en Chine. Depuis la fin de l’année 2020, la Chine, a entrepris de modérer son expansionnisme monétaire. L’annonce, fin juillet, d’une quasi-nationalisation du secteur des entreprises liées au tutorat scolaire a entraîné une forte défiance des investisseurs étrangers qui craignent que Pékin remette en cause le principe de l’actionnariat privé. De plus, côté américain, le moratoire de deux ans fixé aux entreprises chinoises pour fournir une plus grande transparence sur leurs normes comptables pourrait entraîner la radiation d’un certain nombre de sociétés chinoises de la cote de Wall Street.

En dehors de la Chine, les perspectives de croissance se sont stabilisées, voire ont été révisées à la baisse pour certains pays d’Asie du Sud (Thaïlande, Malaisie, Philippines et Indonésie) en raison d’un nombre élevé d’infections et de restrictions de mobilité nouvelles ou étendues. L’inflation a de nouveau progressé dans les pays émergents et reste élevée par rapport aux niveaux souhaités par les banques centrales. Sans surprise, c’est en Amérique latine que l’on retrouve une inflation fortement éloignée des cibles des banques centrales, suivie de l’Europe centrale et orientale. En Asie, l’inflation reste généralement plus modérée.

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