Dans son dernier Flash Économie, Patrick Artus, Conseiller économique senior chez Ossiam, pose une question frontale : les Français sont-ils prêts à accepter « du sang, du labeur et des larmes » pour redresser l’économie ?
Le diagnostic est sans appel. Désindustrialisation persistante (malgré l’aéronautique et la défense), faiblesse des services numériques, retard en R&D, système éducatif en perte de vitesse (la France n’est que 8e dans le tableau PISA présenté en page 2) et taux d’emploi insuffisant des jeunes comme des seniors : les fragilités structurelles sont connues et documentées.
Pour y remédier, Patrick Artus souligne la nécessité d’un basculement stratégique : investir davantage dans l’industrie, la recherche, le numérique et la formation, tout en augmentant le taux d’emploi via un allongement de la durée de vie au travail. Or, comme le montre la balance courante toujours déficitaire (page 4), cela suppose d’épargner plus et de consommer moins.
Le problème est politique. Les sondages cités en page 5 révèlent une opinion massivement attachée au maintien du pouvoir d’achat et des dépenses sociales. La priorité donnée à la consommation, aux retraites et à la santé rend difficile toute réorientation vers l’investissement productif.
En clair, selon Patrick Artus, le redressement économique est techniquement balisé. Reste à savoir si la société française est prête à en payer le prix.