Dans son dernier Flash Économie, Patrick Artus (Ossiam) met les pieds dans le plat : la France n’aura bientôt plus les moyens de financer une protection sociale aussi généreuse. Avec des dépenses sociales représentant 32,3 % du PIB – un record européen – la France creuse son écart avec le reste de l’UE (26,5 %). Résultat : une pression fiscale parmi les plus élevées d’Europe, un coût du travail qui pèse sur la compétitivité, et des finances publiques sous tension.
La tendance va s’aggraver. Le vieillissement démographique fait exploser les dépenses de retraite et de santé, dont le déficit atteindrait 35 milliards d’euros d’ici 2045 sans réforme. Le faible dynamisme de la croissance, pénalisée par la chute de la productivité depuis le Covid, limite par ailleurs les recettes fiscales. Et dans un contexte où l’État doit massivement investir dans la transition énergétique, le numérique, la formation ou l’armement, il faudra arbitrer : moins d’argent pour la protection sociale, plus pour l’investissement.
Patrick Artus est clair : ni hausse des impôts, ni déficits accrus ne sont réalistes. La seule issue sera de réduire la générosité du système, malgré l’opposition des Français à la baisse des retraites, au reste à charge plus élevé, ou à la hausse des franchises médicales. Un message politiquement inflammable, mais économiquement incontournable.