Les perspectives économiques d’août 2025 dressent un tableau contrasté d’une économie mondiale à la croisée des chemins. Alors que les États-Unis poursuivent leur virage protectionniste, l’Europe s’accroche à une croissance fragile, et la Chine semble atteindre ses objectifs… mais à quel prix ?
Aux États-Unis, l’administration Trump continue de rebattre les cartes du commerce mondial. Les accords signés avec le Japon, l’Union européenne ou encore le Vietnam réduisent l’incertitude diplomatique, mais au prix d’une hausse des droits de douane moyens — désormais autour de 15 à 20 %. Le paradoxe ? Ces nouvelles barrières ne se traduisent pas encore dans les prix à la consommation, probablement en raison de stocks encore élevés… mais pour combien de temps ? Swiss Life AM s’attend à une croissance limitée (1,5 % en 2025), plombée par un recul de l’investissement et une consommation privée atone. Inflation attendue : 3 % cette année, avec un pic potentiel à venir.
En zone euro, la surprise est plutôt bonne. L’activité a légèrement progressé au deuxième trimestre (+0,1 %), notamment en France et en Espagne. Mais les signaux restent contrastés : l’Allemagne ralentit, l’Italie marque le pas, et les exportations se tassent après un afflux d’anticipations pré-douanes. La BCE, prudente, poursuit l’assouplissement monétaire, ce qui pourrait soutenir la dynamique au second semestre. La France, notamment, voit sa croissance soutenue par un rebond de la consommation en juin, mais les tensions autour du budget 2026 pèsent sur la confiance.
La Chine, de son côté, surprend par sa résilience : +5,2 % de croissance au T2, avec une révision haussière des prévisions à 4,8 % pour l’année. Le secteur secondaire tire l’activité, les exportations résistent malgré plus de 40 % de droits de douane imposés par les Américains. Problème : la demande intérieure reste poussive, et les pressions déflationnistes s’intensifient, avec un déflateur du PIB en territoire négatif pour le neuvième trimestre consécutif.
Ce panorama global met en lumière une tension de fond : l’économie mondiale avance sous contraintes — politiques, commerciales, monétaires — et toute surprise, bonne ou mauvaise, pourrait rapidement rebattre les cartes.
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