De l’ivresse à la correction, le parcours boursier d’Hermès en 2025 illustre l’écart croissant entre glamour de surface et fondamentaux en déclin. Jérôme Boumengel, Head of Research chez TrendFi, rappelle qu’en début d’année, le titre affichait une valorisation stratosphérique avec un P/E de 58x, bien au-delà du seuil critique établi par leur modèle. Depuis, les moteurs s’essoufflent : baisse du momentum bénéficiaire, prime de risque toujours négative, climat de marché détérioré, pression vendeuse accrue… Résultat : après avoir touché les 2 200 €, le titre continue sa glissade. Leur modèle vise désormais un objectif à 1 800 €, niveau jugé plus conforme aux fondamentaux. Une mise à jour stratégique salutaire pour les investisseurs trop longtemps aveuglés par l’aura du luxe.
Au début de l’année, nous avions alerté sur le caractère excessif de la valorisation du titre Hermès. Le consensus des analystes faisait alors état d’un ratio cours/bénéfices (P/E) prospectif de 58x les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois — un niveau nettement supérieur à notre seuil critique de valorisation, que nous estimions à 54x, sur la base de la volatilité historique du P/E.
Dans le même temps, le taux de croissance annuel des bénéfices anticipés poursuivait sa baisse. Il s’établissait alors à 19,5 %, un niveau inférieur à la moyenne observée sur les dix dernières années. Parallèlement, notre estimation de la prime de risque à 12 mois glissait vers un plancher historique à -1,6 %.
La conclusion s’imposait d’elle-même : un retour du titre vers sa « juste valeur » semblait inévitable. Notre modèle de valorisation situait alors ce niveau à 2 200 €, objectif qui a été atteint — puis franchi à la baisse — la semaine dernière.
La question se pose désormais : quel est le prochain palier à viser ?
Depuis la publication des résultats semestriels 2025, le momentum des bénéfices anticipés à 12 mois s’est inversé, basculant en territoire négatif à -0,6 %.
Dans le même temps, le climat de marché continue de se dégrader. Malgré un début de redressement, la prime de risque demeure toujours en territoire négatif à -1 %. Au vu de la dégradation du profil boursier du titre, il apparaît désormais légitime que les investisseurs exigent une prime de risque positive.
Par ailleurs, la dynamique technique s’alourdit : la pression vendeuse s’accélère et dépasse désormais la pression acheteuse.
Dans ce contexte dégradé, et selon le principe de l’oscillateur, le titre devrait revenir sur l’enveloppe basse de notre modèle de « fair value » à 1 800 € (voir graphique ci-après).
