IA, volatilité et souvenir de 2000 : le retour en grâce de l’ultra-diversification

Depuis fin octobre, les valeurs les plus exposées au boom de l’IA corrigent nettement, avec de fortes disparités entre « hardware » et « software ». François-Xavier Chauchat (Dorval AM) souligne que cette nervosité rappelle certains mécanismes observés en 2000, sans que les parallèles soient parfaits.
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Depuis fin octobre, les valeurs les plus exposées au boom de l’IA corrigent nettement, avec de fortes disparités entre « hardware » et « software ». François-Xavier Chauchat (Dorval AM) souligne que cette nervosité rappelle certains mécanismes observés en 2000, sans que les parallèles soient parfaits. La volatilité reste pour l’instant cantonnée au thème : le S&P 500 tient, tandis que l’univers mondial équipondéré progresse. Les valorisations ont déjà nettement reflué, revenant proches de leurs niveaux d’avant ChatGPT, loin des excès des TMT. Dans ce contexte, les stratégies géographiquement et sectoriellement équipondérées retrouvent un intérêt particulier, comme lors de l’éclatement de la bulle internet.

Une lecture utile pour repositionner l’exposition actions face à un thème IA devenu plus sélectif.

Les valeurs les plus sensibles au thème du boom de l’IA connaissent une correction et une grande volatilité, avec de fortes disparités depuis 3 mois. Cette nervosité rappelle en partie l’année 2000, ce qui renforce l’attractivité des stratégies ultra-diversifiées qui avaient bien performé à l’époque.

Beaucoup plus que la volatilité extrême du cours des métaux précieux, c’est le thème de l’intelligence artificielle (IA) qui continue d’interroger les investisseurs en actions. La nouvelle baisse récente des valeurs IA s’inscrit dans une phase de correction qui a débuté à la fin du mois d’octobre 2025. Depuis ce point haut, l’indice Bloomberg des valeurs les plus sensibles à l’IA a perdu 12,5% (au 5 février 2026), avec un parcours très chahuté. Pour le moment, cette volatilité ne se diffuse pas : le S&P 500 est resté relativement stable, et l’univers mondial équipondéré a gagné près de 5% (graphique 1).

Au sein du thème multiforme du boom de l’IA, une divergence considérable s’est confirmée entre les valeurs « hardware » qui bénéficient directement des investissements en data centers et en équipement électrique, et les valeurs « software » qui financent ce boom afin de développer des solutions (graphique 2).

Cette dichotomie n’est pas si surprenante : le surcroît de rentabilité des sociétés « hardware » se base sur des commandes concrètes de construction de data centers, alors que celui des sociétés « softwares » reste hypothétique. Certaines de ces dernières – même si elles restent très profitables – souffrent à court terme d’une baisse de rentabilité liée aux dépenses d’investissement considérables engagées. Enfin, la donne concurrentielle se modifie à grande vitesse, ce qui fait douter de la rentabilité future de certains acteurs historiques. On retrouve ici des questionnements que l’on avait connus lors du boom des télécoms et de l’internet en 2000, voire lors de celui des chemins de fer au XIXe siècle.

En termes de valorisation, cependant, les valeurs IA ont connu une correction déjà significative. Après avoir touché 30x à la fin octobre 2025, le PER de l’indice Bloomberg des valeurs IA a rebaissé à un peu plus de 22x, ce qui est nettement inférieur aux valorisations observées sur le thème des « TMT » pendant la bulle de 2000 (plus de 40x). Par rapport à l’univers mondial équipondéré, la valorisation relative du thème de l’IA est même revenue à son niveau d’avant le lancement de ChatGPT (graphique 3).

Les arguments en faveur d’un scénario de marché calqué sur celui de l’année 2000 ne sont donc pas tous convergents. Mais si l’histoire venait à se répéter, les stratégies équipondérées – géographiquement et sectoriellement ultra-diversifiées par construction – pourraient tirer leur épingle du jeu – comme c’est d’ailleurs déjà le cas depuis trois mois. Alors que le Nasdaq avait perdu 40% sur l’année 2000, un portefeuille équipondéré d’actions mondiales des pays développés (grandes et moyennes capitalisations) aura gagné +6%, soit nettement mieux que le MSCI Monde (-13%). L’exposition actions des stratégies Global Macro de Dorval AM repose sur ce principe.

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