Risques | Les actualités économiques et financières

Incertitudes à tous les étages

L’année 2022 a vu émerger de nombreux évènements qui ont transformé les tendances de début d’année. En janvier, nous évoquions la hausse de la probabilité de réalisation d’évènements stressants et négatifs qui devait amener une volatilité de marché plus importante au-delà de fondamentaux à priori solides. Cependant, nous ne nous attendions pas à une intensité de cet acabit que ce soit au niveau géopolitique (l’invasion de l’Ukraine par la Russie), inflationniste (hausse des salaires aux États-Unis), pandémie (fermeture de la Chine et donc de l’économie chinoise). Ces évènements indépendants se sont synchronisés en provoquant des baisses massives de l’ensemble des actifs financiers. Nous voilà dans une situation encore incertaine à tous les niveaux et nous profitons de la rentrée pour faire un point. Le ralentissement de la croissance économique, l’accélération de l’inflation, le resserrement des politiques monétaires et l’augmentation des risques géopolitiques sont autant de facteurs qui pèsent sur les marchés financiers. Néanmoins, nous pensons que la fin d’année devrait amener des réponses à ces incertitudes et imposer une tendance.

Au niveau politique

De nombreuses élections sont en jeu dans les mois à venir. Les Américains seront de nouveau appelés aux urnes pour les «midterms», qui permettent de renouveler la chambre des représentants, mais aussi un tiers des 100 sièges du Sénat. Un scrutin qui s’annonce délicat pour Joe Biden, dont la popularité s’est effritée jusqu’en juillet, cependant, le résultat n’est pas acquis pour les républicains. Le prix de l’essence chute, après avoir atteint des sommets début juin, et soulage le portefeuille des Américains et le président américain peut également se réjouir d’avoir obtenu des victoires politiques, notamment le ralliement d’un sénateur centriste prêt à voter un grand plan d’investissement pour faire baisser le prix des médicaments et lutter contre le réchauffement climatique.

En Europe, après la démission du gouvernement de Mario Draghi, des élections législatives se tiendront le 25 septembre et pourraient être un test important pour les marchés italiens face à une remontée des spreads de crédit et un politique monétaire de la BCE moins accommandante. L’épisode d’accès au pouvoir de la ligue du nord en 2018 avait provoqué une crise souveraine majeure.

Au Brésil, la campagne présidentielle a débuté le 23 août. L’élection aura lieu le 2 octobre et tous les sondages donnent pour l’instant Bolsonaro perdant face à l’ancien président, Lula. Ce dernier n’a pas encore dévoilé son programme économique mais souhaite un renouveau de la politique sociale et donner une image plus positive du Brésil sur la scène internationale.

Le parti communiste chinois tiendra son 20e congrès national dans la seconde moitié de 2022, au cours duquel Xi Jinping devrait entamer son troisième mandat de chef du parti, tandis que la direction centrale du PCC sera réorganisée. Au-delà de la Chine, ce seront les directions prises par le président chinois au niveau international qui donneront une idée du nouvel ordre mondial pour les prochaines années avec toutes les répercussions géopolitiques et économiques qui en découlent.

Au niveau de l’énergie, il est clair que l’Europe est toujours en proie à l’inflation liée à l’énergie. Les conséquences négatives pour les consommateurs et les entreprises vont s’amplifier. La baisse des prix du pétrole est en premier lieu le reflet de crainte sur la croissance mondiale et donc d’une moindre consommation. L’approvisionnement énergétique constitue toujours un enjeu crucial pour les pays européens. Le prix du gaz en Europe est revenu au niveau de son point haut de mars dernier (à près de 230 €/MWh) en raison de la reconstitution des stocks de gaz en vue de l’hiver prochain par les Etats, de la forte réduction des exportations de gaz russe et des conditions météorologiques défavorables. Cette hausse menace la baisse des prix de l’énergie d’autant que les économies européennes ont eu tendance à renforcer le rôle du gaz dans leur mix énergétique au fil des années. Ainsi, en Italie, la part du gaz dans le mix énergétique primaire atteint 41% en 2021 et dépasse celle du pétrole. Du reste, en raison de la volonté de substituer du charbon et du pétrole au gaz, les émissions de gaz à effet de serre vont encore croître (elles sont déjà en hausse de 6% sur un an au premier trimestre en Europe) ce qui éloigne l’UE de ses objectifs environnementaux et augmente le prix de la tonne de carbone (retour au-delà de 90 €).

Une bonne nouvelle pourrait poindre dans les semaines à venir. Nous attendons un dénouement quant à l’accord du pétrole iranien. L’Union européenne a annoncé, étudier la réponse, transmise de l’Iran. Les « éléments de langage » transmis de part et d’autre ces derniers temps, laissent augurer d’une réelle possibilité d’accord mais la prudence est encore de mise.

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