La dynamique industrielle européenne envoie enfin des signaux positifs. Pour Véronique Riches-Flores, économiste indépendante et fondatrice de RichesFlores Research, la reprise prend corps, même si elle reste partiellement alimentée par des commandes exceptionnelles.
+2 %, +1,6 %, + 5,7 %, +7,8 % : la montée en régime de l’évolution des commandes à l’industrie allemande ne laisse plus de place au doute, la reprise est là, quand bien même toujours très largement alimentée par des ordres dits « exceptionnels ». Data centers ou autres commandes liées aux programmes publics ? Le détail n’est pas fourni mais ces commandes sont, avant tout, domestiques ce qui tranche avec le passé allemand. Les ordres en provenance de la zone euro restent plus instables, en léger repli en décembre après une forte hausse en novembre. Ils évoluent toutefois sur une tendance annuelle de plus de 8,5 %. Ceux du reste du monde sont moins souvenus, tirés par les biens de consommation mais bien peu par l’industrie traditionnellement moteur, des biens d’équipement et des biens intermédiaires. L’ensemble est néanmoins encourageant, offrant les premiers signes tangibles des effets de la politique gouvernementale et, sans doute, des développements autour de l’IA.
La situation en France est, a priori, moins bien orientée. Avec un repli de 0,8 %, la production manufacturière du mois de décembre déçoit. À y regarder de plus près, néanmoins, le verdict est moins sévère. Comme c’est régulièrement le cas ces derniers mois, la production de l’aéronautique explique en grande partie ce médiocre résultat, avec une chute de près de 18 % sur un mois. Le secteur est, néanmoins, coutumier de cette instabilité. Les nouvelles encourageantes viennent d’ailleurs, en l’occurrence dans le constat d’une reprise plus large de l’activité dont ont profité les industries de l’habillement et la pharmacie mais, aussi, la métallurgie, les biens d’équipement et l’industrie automobile, laquelle ressort en hausse de plus de 12 % ces douze derniers mois.
