Inflation : c’était temporaire ?

Sur les marchés financiers, l’été commence par ce genre de situation où une seule donnée économique déclenche un feu d’artifice. La publication le 12 juillet d’une inflation américaine inférieure aux attentes a entrainé une nette détente des taux et un rebond des actions, c’est-à-dire très exactement l’inverse des variations enregistrées la semaine précédente.  

Bonnes nouvelles sur l’inflation

Il serait fastidieux de présenter tous les indices, sous-indices et composantes des prix à la consommation publiés mercredi 12 juillet aux Etats-Unis. Un graphique (ci-dessous) et une phrase suffisent à résumer l’interprétation qui a prévalu : l’inflation ralentit enfin.

En juin, l’inflation totale est tombée à 3,0 % en glissement annuel (contre 4,0 % en mai), au plus bas depuis mars 2021. La mesure la plus simple de l’inflation sous-jacente (hors alimentaire et énergie) est passée de 5,3 % à 4,8 %, au plus bas depuis octobre 2021.

Le Beige Book, préparé par les Banques de Réserve régionales en amont de la réunion de politique monétaire de la Fed apporte des informations qualitatives sur le sujet. Le rapport (réalisé cette fois-ci par la Fed de Minneapolis) indique que la hausse des prix a ralenti et que les anticipations sont stables à légèrement baissières.

Les remontées du terrain montrent que les consommateurs deviennent de plus sensibles aux prix si bien que les entreprises hésitent désormais à les augmenter. Ce comportement n’est pas généralisé, en particulier dans les services où une solide demande permet aux entreprises de maintenir leurs marges alors que leurs coûts sont élevés. La saison de publication des résultats des entreprises qui s’ouvre fournira des indications précieuses sur ce dernier point.  

Conséquences sur la politique monétaire

La vue consensuelle, que nous partageons, est que la Fed devrait augmenter ses taux directeurs de 25pb à l’issue de la réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) des 25 et 26 juillet, portant le taux objectif des fonds fédéraux dans l’intervalle 5,25 % – 5,50 %. Ce mouvement est largement anticipé dans les prix de marché, avec une probabilité supérieure à 90 % depuis une semaine.

Jerome Powell a bien insisté que le statu quo décidé en juin était une pause et pas l’arrêt du cycle de resserrement. Par ailleurs, les Minutes de la réunion des 13 et 14 juin ont confirmé que la pause visait à se donner le temps d’examiner les conséquences des hausses passées des taux directeurs, que l’inflation est à niveau inacceptable et que ‘d’autres hausses de taux seraient souhaitables’.

Enfin, si le Président de la Fed continue à surveiller la variation moyenne sur 6 mois du déflateur des dépenses privées hors alimentaire et énergie, il est probable que le niveau toujours supérieur à 4 % attendu pour juin ne le satisfera pas, surtout dans un contexte où l’emploi reste dynamique.

Comme c’était prévisible, les anticipations pour les réunions suivantes ont varié après la publication de l’indice des prix : le niveau de taux reflété pour fin 2024 est désormais 40pb sous le seuil atteint une semaine auparavant. Il avait fallu du temps pour que les investisseurs imaginent que les taux allaient rester « plus hauts pour plus longtemps » une fois atteint le taux terminal. Cette hypothèse – pourtant compatible avec les commentaires de la Fed– reste très discutée.   

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