Inflation en baisse et avenir favorable pour les marchés – perspectives pour 2022

Les sociétés et les économies pâtissent des conséquences de la pandémie de Covid-19 depuis un certain temps déjà. Alors que nous approchons du cap des deux ans, nous constatons que les programmes de vaccination progressent, que les infrastructures sanitaires restent intactes et que les confinements stricts imposés en Europe semblent appartenir au passé. Sur le plan politique, nous avons assisté à la mise en œuvre de dépenses publiques massives et au soutien des banques centrales. La Réserve fédérale américaine (Fed) a ramené ses taux à zéro, doublé la taille de son bilan et mené un ambitieux programme d’assouplissement quantitatif.

De nombreuses économies ont évité une dépression profonde et ont connu une forte reprise en forme de V, beaucoup de pays développés ayant renoué avec leur trajectoire de croissance à long terme. Les places boursières ont terminé l’année dernière en territoire positif, mais alors que nous entamons 2022, à quel type d’activité économique pouvons-nous nous attendre ?

Acclimatation à notre nouvelle réalité économique

On constate indéniablement une nervosité accrue sur les marchés. Ils sont plus volatils, mais nous pensons que cela est dû au fait que nous entrons dans une nouvelle phase du cycle. On pourrait dire que la première phase a entièrement été consacrée à la gestion de crise et à l’accompagnement. Cette nouvelle phase sera celle de la normalisation et de la réduction du soutien. Nous pensons que les banques centrales vont supprimer certains pans les plus accommodants de leur politique, si bien que nous pouvons nous attendre à des questionnements, des incertitudes et de la volatilité. Les marchés devront simplement s’adapter à cette nouvelle réalité. Dès lors, quel sera le visage de la reprise économique ? Quelles sont nos attentes en matière d’inflation ? Et quelle sera l’évolution possible de la politique monétaire des banques centrales ?

Les perspectives de croissance pour 2022

2021 a été l’année de la « résurrection » pour les économies, avec une croissance mondiale supérieure à 6%. Bien que nous continuions à lutter contre une vague relativement sévère de nouveaux cas de Covid-19, cette vague se distingue fondamentalement des précédentes par la différence entre le nombre très élevé de cas et le nombre de décès. Ce dernier reste pour l’essentiel bien maîtrisé et relativement bas. Alors que nous entrons dans cette cinquième vague d’infection massive, revenir sur les précédentes peut nous aider à comprendre leur impact économique. Conclusion ? À mesure que les vagues se succèdent, leur impact économique s’affaiblit. De plus, lorsqu’elles s’achèvent, nous assistons à un effet de rattrapage. Nous sommes donc confrontés à un environnement économique moins linéaire mais qui reste solide malgré sa volatilité. Qu’en est-il des perspectives pour 2022 ? Nous anticipons une conjoncture favorable en matière d’activité économique, avec une croissance mondiale de 3,5% à 4%. Certes, nous sommes loin des 6% enregistrés en 2021, mais ce niveau se rapproche de ceux d’avant le Covid-19.

La question des actions

L’imprévisibilité récente des marchés a déstabilisé les investisseurs. L’indice de volatilité[1] CBOE[2] (VXO), qui mesure la volatilité du S&P500, a fortement augmenté cette année. Les marchés boursiers ont connu le pire début d’année depuis la grande crise financière, le S&P500 perdant 5,2% en janvier, le Stoxx Europe 600 lâchant 3,8% et les indices des marchés émergents cédant également du terrain. Chez Lombard Odier, notre processus d’investissement est ancré dans les fondamentaux. Cette année, nous ne prévoyons pas le même niveau de performance qu’en 2021, mais nous restons positifs vis-à-vis des marchés actions et pensons qu’ils pourraient enregistrer des gains proches de 10%. Bien sûr, toutes les actions ne se valent pas. Dans l’environnement actuel de hausse des taux, nous privilégions les valeurs de substance et les actions cycliques par rapport aux valeurs de croissance. Les premières ont en effet tendance à dégager des bénéfices et des flux de trésorerie à court terme plus élevés, tandis que les dernières sont généralement assorties de bénéfices orientés vers le long terme, qui avec la hausse des taux, subissent une actualisation plus forte. Au plan géographique, nous privilégions les régions qui présentent un potentiel de rattrapage, notamment l’Europe et le Royaume-Uni.

Inflation démesurée…

L’évolution de l’inflation n’est pas la même partout. Aspect important : les niveaux de l’inflation devraient rester très inférieurs à ceux que nous avons connus en 2021. Pourquoi ? Principalement parce que tous les facteurs qui tendent à générer de l’inflation étaient réunis au même endroit et au même moment en 2021, en particulier au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Ces pressions sur les prix résultaient de deux facteurs importants : la perturbation des chaînes d’approvisionnement et les diverses mesures de relance gouvernementales. Du côté de l’offre, des goulots d’étranglement subsistent, y compris en ce qui concerne les microprocesseurs, mais les usines de fabrication en Asie sont désormais plus nombreuses à tourner à pleine capacité. Les coûts de transport ont également augmenté vers la fin de l’an dernier, mais ils devraient se stabiliser progressivement en 2022. Les prix de l’énergie ont flambé à cause des problèmes à la fois d’offre et de demande. En matière de politique monétaire, les mesures de relance ont été différentes dans les diverses économies. La relance budgétaire a atteint près de 20% du PIB du Royaume-Uni et quelque 25% aux Etats-Unis. Elle a été nettement moins marquée dans d’autres parties du monde, notamment en Chine. L’inflation s’est envolée dans les pays qui ont fortement soutenu les revenus, mais nous devrions ensuite commencer à voir émerger une inflation plus normale et cyclique.

Pendant le choc économique qu’a créé la pandémie, les banques centrales ont conçu des mesures extrêmes, qui doivent être supprimées à présent que nous entrons dans une nouvelle phase du cycle. Nous assistons donc au début du processus de normalisation de la politique monétaire. Nous pensons que les banques centrales, y compris la Fed, abandonneront leur ligne ultra-accommodante pour devenir simplement accommodantes en 2022. Au fil du temps, elles resserreront davantage les rênes et cesseront d’être accommodantes pour devenir neutres, puis restrictives, mais cela prendra du temps. À l’heure actuelle, les taux restent historiquement bas et les banques centrales accommodantes.

Peut-on éloigner le spectre de la crise énergétique ?

Gouvernements, investisseurs et consommateurs s’accordent généralement à reconnaître que nous devons réduire considérablement notre dépendance aux combustibles fossiles, car ils contribuent fortement aux émissions mondiales de carbone. Mais le solaire, l’éolien et autres sources d’énergie renouvelable ne suffisent pas encore à satisfaire la demande. La crise énergétique observée en Europe à la fin de 2021 a été exacerbée par la tentative de la Chine de passer au gaz naturel comme alternative plus propre au charbon. Il y a encore beaucoup à faire pour assurer le passage aux énergies renouvelables à l’échelle mondiale et cela nécessite des investissements considérables. Les prix du gaz ont un peu baissé, grâce à la résolution progressive des problèmes d’approvisionnement liés à la pandémie et à un hiver doux en Europe jusqu’ici. Mais les tensions géopolitiques en Ukraine et les attaques aux Emirats arabes unis maintiennent les prix du pétrole à un niveau élevé.

La gestion de la transition climatique aura des répercussions sur l’évolution future de l’inflation. Les gouvernements doivent non seulement investir dans les infrastructures pour soutenir la transition énergétique, mais aussi mettre en œuvre les bonnes réglementations, de manière efficace. Les entreprises ont un rôle à jouer en faisant évoluer ou en changeant leur modèle économique, les consommateurs doivent continuer à adopter des habitudes plus durables et les investisseurs doivent financer la transition vers un modèle économique plus durable.

*Sauf indication contraire, tous les chiffres proviennent d’agences statistiques gouvernementales ou nationales et les données de marché sont tirées de Bloomberg ; les prévisions sont celles de Lombard Odier.

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Termes et définitions
1. VIX ( indice de volatilité ) Le VIX, également connu sous le nom d’indice de volatilité ou d’indice de la peur, est un indicateur…
2. CBOE. La CBOE, ou Chicago Board Options Exchange, est la plus grande bourse d’options aux États-Unis et l’une des…

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