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Inflation et marché de l’immobilier : quels sont les risques ?

La précédente semaine sur les marchés marque une rupture par rapport à ce qu’on pouvait observer sur les derniers mois. Depuis la mi-mai, les observateurs tentaient d’acter une forme d’accalmie avec la retombée de la volatilité, le rebond du marché actions et la stabilité du marché obligataire. C’est finalement une rechute qui s’est passée avec une baisse action très significative et la correction obligataire est repartie de plus belle en Europe comme aux Etats-Unis.

La courbe des taux américains n’arrive pas à se stabiliser. La volatilité sur les taux obligataires est très élevée. L’inflation constatée ainsi que le discours de la BCE n’ont pas aidé à calmer ces récents mouvements, au contraire. La FED risque d’être de plus en plus rigide dans les prochaines semaines.

Aujourd’hui, l’inflation est le composant le plus sensible pour les marchés financiers. L’inflation empêche les banquiers de se fixer sur un taux ou sur un terme.

Les ménages ne vont pas pouvoir faire face à une inflation aussi élevée. Une des clés pour combattre cette inflation est de « moins » consommer afin d’atténuer l’effet, parfois pervers, de l’offre et de la demande.

Le climat macroéconomique est majoritairement perçu comme transitoire. Notamment du côté des entreprises, les intentions d’embauches ou d’investissements sont plutôt favorables. Les chefs d’entreprises sont prudents et ne se projettent pas au travers d’une rupture brutale.

Ménages et entreprises consomment comme si l’inflation n’était que de courte durée, bien que certains scénarios prônent une inflation à long terme. Ce comportement est avant tout le résultat d’un positivisme sur les grandes données macroéconomiques.

Le grand public peut s’interroger sur le fait que la France risque-t-elle ou non d’être en défaut au regard de plusieurs scénarios. Il est important de garder à l’esprit, dans un premier temps, que la France, comme l’Allemagne, possède une économie solide contrairement à d’autres pays plus enclins à subir ces scénarios négatifs : Italie, Portugal ou encore Grèce. Dans un second temps, la France est encore dans un processus électoral qui ne permet pas d’avoir une visibilité sur la composition de l’assemblée générale.

À échelle nationale, sans aller jusqu’au risque de défaut, cela pourra avoir un impact sur la gestion des finances publiques. De même que des personnes souffriront de la hausse des taux et des spreads.

Quels sont les risques sur le marché de l’immobilier ?

Le marché de l’immobilier est le point de focalisation. Il s’agit en effet de la classe d’actifs dopés aux crédits depuis des années. Les banques ont fait beaucoup de travail pour assainir leurs bilans. Ils ne (re)commettront pas l’erreur de se racheter les crédits. Les conditions d’accès restreintes auront un impact « bénéfique » sur l’inflation. Cependant, les principales victimes de ces conditions resserrées seront les primo-accédants. Sans oublier, les normes environnementales de 2024 qui interdiront à la location les biens immobiliers de classe F et G.

La superposition de la hausse des taux et des normes environnementales risques de freiner le marché de l’immobilier. Sans omettre la pénurie de matériaux indispensables à la rénovation et/ou la construction depuis plusieurs mois. Pour exemple, certains constructeurs importants reportent des projets entre manque de matériaux et risque de financement.

D’un point de vue de la stratégie de gestion de patrimoine, l’investisseur doit être attentif aux changements conjoncturels mais aussi structurels qui se dessinent. Certains leviers qui ont surperformé dans des scénarios de taux très bas doivent peut-être faire l’objet d’arbitrages pour récupérer des profits. Le marché de la value (banque, automobile, etc…) est à regarder de près en fonction du profil de risques de l’investisseur.

À titre informatif, depuis le 8 mars qui était le point bas post déclenchement de la guerre en Ukraine, l’automobile est le secteur, avec l’énergie, le plus en forme avec plus de 15%. Dans une phase où les problèmes s’accumulent le rebond est mené par le secteur value.

La défensive avec le dollar, qui est la voix de refuge pour bon nombre d’investisseurs focalisés sur les matières premières dollarisées peut se coupler avec un pourcentage modéré de valeurs value.

Retrouvez les interventions d’Igor DE MAACK et du cabinet de conseil en gestion de patrimoine Vitalépargne chaque mois sur le média B Smart.

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