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Inflation : sommes-nous proche du point haut ?

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La stabilisation récente des prix des matières premières et les bons chiffres d’inflation sous-jacente aux Etats-Unis suggèrent que le point haut de l’inflation pourrait être proche. Même dans cette hypothèse, la Fed et la BCE poursuivront cependant sur la voie de la normalisation des politiques monétaires.

Avec une hausse de +1,2% au mois de mars, l’indice des prix à la consommation a progressé de +8,5% aux Etats-Unis sur an, au plus haut depuis 40 ans. Hors alimentation et énergie, cependant, la hausse n’a été que de +0,3% sur le mois (graphique 1). La baisse des prix des voitures d’occasion (-3,8%), après deux années de forte hausse, témoigne d’un début d’accalmie des effets de pénuries que la crise du Covid avait provoqués. Ces effets représentant une part importante du choc inflationniste, leur atténuation pourrait nourrir l’espoir que le pic d’inflation a été atteint. Cela permettrait au scénario d’atterrissage en douceur de l’économie américaine de regagner en crédibilité. La trajectoire et le timing de cette accalmie reste cependant très difficile à anticiper.

Le scénario d’un pic d’inflation serait renforcé par une poursuite de la stabilisation des prix des matières premières. Le prix du pétrole Brent reste sous les 120$ malgré les discussions en cours sur un possible embargo européen sur le pétrole russe (graphique 2). Le ralentissement chinois lié au confinement de nombreuses villes joue certainement un rôle dans cette stabilisation. De plus, la probabilité d’un embargo total de l’Europe sur l’énergie russe reste limitée par les craintes d’une récession induite, en particulier en Allemagne. En décalage avec les conclusions de certains autres chercheurs, les instituts économiques qui conseillent le gouvernement allemand (les « cinq sages ») prévoient en effet qu’un embargo sur le pétrole et le gaz russe provoquerait une forte récession (-2,2% en 2023, avec une perte de 400 000 emplois. Les incertitudes restent donc importantes sur l’évolution des matières premières car nul ne sait quel prix l’Europe est prête à payer pour mettre une pression maximale sur la Russie.

Encore très hypothétique, le scénario d’un pic puis d’une modération progressive de l’inflation au second semestre serait clairement favorable aux marchés des actions. Ce scénario diminuerait en effet les risques de récession. Il ne modifie pas, cependant, le constat de l’inadéquation de la politique monétaire actuelle, avec des taux d’intérêt à court terme considérablement inférieurs à l’inflation malgré un quasi plein emploi. La Fed va donc accélérer la normalisation de sa politique en montant plusieurs fois ses taux par pas de 50 points de base (ou plus), et en réduisant son bilan. La BCE devrait, elle, mettre fin à ses achats d’actifs au cours de l’été, et pourrait annoncer la fin des taux négatifs d’ici la fin de l’année.

Dans nos portefeuilles flexibles, nous conservons une duration obligataire quasi nulle, une exposition modérée et très diversifiée aux actions, et nous continuons d’investir dans le thème de la transition énergétique. Nous maintenons une couverture contre les incertitudes électorales en France (achat de Bund contre OAT 10 ans).

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Dorval Asset Management est une société de gestion reconnue dans les domaines des stratégies flexibles et des actions européennes pour performer sur le long terme. Agréée par l'AMF depuis 1993, le capital est détenu à hauteur de 50.1% par Natixis Asset Management et 49.9 % par ses collaborateurs. Dorval Asset Management pratique une gestion de conviction à vocation patrimoniale, caractérisée par une gestion active, éloignée des indices. Dorval Asset Management a la conviction que dans le monde financier actuel, une approche flexible est nécessaire pour apporter une gestion de qualité à ses clients.

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