Bruno Colmant, membre de l’Académie royale de Belgique, soulève une question cruciale sur les effets de l’Intelligence artificielle (IA) sur l’économie : et si l’IA stimulait la croissance économique au point de réduire l’endettement public, calculé par rapport à un PIB amplifié par l’IA ?
Un article du Financial Times a attiré mon attention : et si l’Intelligence artificielle augmentait la croissance économique, au travers de gains de productivité, dans des proportions telles que l’endettement public, ramené à un PIB lui-même amplifié par l’Intelligence artificielle, se réduirait ?
L’idée n’est pas saugrenue, pour autant qu’on se limite à mesurer la croissance économique avec le PIB, qui est une mesure impure, ne tenant pas pleinement compte des coûts sociaux et environnementaux.
Mais, en réalité, c’est là que se situe le problème, et j’en traite souvent. L’Intelligence artificielle va incontestablement augmenter la productivité.
Cependant, ce ne sera pas au profit exclusif du travail. Le travail ne va pas disparaître, évidemment, et il se métamorphosera. Mais sa rémunération, proportionnellement à ce que la machine de l’Intelligence artificielle peut exiger, va se réduire.
Ce sont donc les actionnaires des machines d’intelligence artificielle qui vont capturer les gains de productivité, au détriment du travail, à moins d’une redistribution imposée par les pouvoirs publics (et encore, comment l’imaginer avec des acteurs étrangers ?).
Voilà le paradoxe : l’intelligence artificielle va augmenter le PIB et, en termes relatifs, réduire l’importance de la dette publique par rapport à ce même PIB.
Cependant, l’effet de boomerang est que, dans les pays européens notamment, cette même dette publique devra financer des transferts sociaux qui devront aider ceux qui auront perdu leur emploi ou vu leur rémunération baisser à cause de l’Intelligence artificielle.
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