Intelligence Artificielle : opportunité ou gadget pour les marchés financiers ?

Ce sujet, clivant, interroge autant qu’il fascine et les marchés financiers n’échappent pas à la vague déferlante de l’intelligence artificielle (IA). L’actualité majeure de fin mai appartient au groupe NVIDIA qui enregistre une capitalisation boursière à 1000 milliards de dollars. Un montant qui lui permet d’intégrer un club très restreint d’entreprises.

La vraie question est : l’intelligence artificielle dégénérative est-elle un boom ou une bulle ?

Pour les plus cinéphiles, l’IA était déjà présente dans le film de 2001 l’Odyssée de l’Espace. Au-delà du caractère futuriste de cette technologie, la robotique reste une chimère pour l’homme, et l’histoire nous apprend que l’homme aspire à réaliser ce qu’il imagine.

L’IA est un vrai sujet et notamment un sous-thème important de la numérisation de notre société moderne. Cet algorithme, ultra dopé par les contenus créés depuis des années sur le web, ne révolutionnera pas drastiquement nos vies, du moins pour le moment. Il ne faut pas oublier que tous les grands progrès technologiques (moteur à explosion, robotisation dans les chaînes industrielles, etc…) ont mis du temps à se diffuser dans l’économie. La bourse va bien plus vite que l’économie, c’est d’ailleurs son travail.

La particularité de l’intelligence artificielle réside dans la « cible » qui sera impactée par sa démocratisation. Historiquement, les innovations technologiques ont enlevé du capital-travail aux mains d’œuvres peu et/ou pas qualifiées dans les chaînes industrielles. L’IA, elle, impacte davantage la main-d’œuvre qualifiée. Cette innovation viendra attaquer des secteurs et professions normés.

L’intelligence artificielle dégénérative peut remplacer une grosse partie de la réflexion humaine. Bien entendu ce ne sont pas les 20% les plus qualitatifs ou les plus ingénieux mais pour autant cet algorithme peut réaliser des tâches avancées : création de document, de process, etc… C’est une technologie qui fait peur, puisqu’elle a été interdite dans certains pays.

Plafond de la dette américaine : quels sont les enjeux ?

Dans l’actualité depuis quelques semaines aussi, l’atteinte du plafond de la dette Américaine. Après l’étape du Congrès dans les prochains jours, ce plafond devrait être relevé. Le compromis sera avant tout politique, puisque le problème n’est pas économique. Un impact microéconomique est à redouter puisque certaines dettes, actuellement gelées, vont devoir être remboursées, comme celle des étudiants à compter de septembre.

Cet accord reste avant tout une bonne nouvelle. C’est un scénario déjà vu, notamment en 2011. Les Américains ont l’habitude de projeter leurs risques sur l’ensemble de la planète pour reprendre, par la suite, le contrôle des choses. À moyen/long terme, le vrai sujet est de savoir jusqu’où l’on peut s’endetter et comment peut-on combattre l’inflation lorsque l’on n’effectue pas de restrictions budgétaires tandis que la banque centrale augmente en parallèle les taux.

Pour faire baisser l’inflation, il faut à un moment restreindre le consommateur. Les politiques, qu’ils soient américains ou européens, ont beaucoup de mal à dire à leurs futurs électeurs qu’ils vont leur « retirer » de l’argent. Situation complexe puisque nous vivons dans un monde de consommation et d’endettement.

Marchés actions : pourquoi montent-ils en parallèle des taux ?

Du côté des investisseurs, certains s’interrogent sur l’augmentation des actions en parallèle de celle des taux. Historiquement, le réflexe est plutôt de dire que la baisse des taux engendre une augmentation des actions et vice-versa. Ce scénario n’a pas eu lieu puisque quand les taux baissent cela favorise toutes les classes d’actifs, notamment le porteur obligataire car la valeur de son obligation monte. Cela favorise également la valorisation par DCF et des marchés actions. Quand la liquidité est disponible et qu’elle n’est pas chère, toutes les classes d’actifs « foncent ».

La hausse des taux est beaucoup plus discriminante. L’inflation est « positive » pour les actions, dans une certaine mesure, mais également pour les sociétés qui sont peu chères, avec des PE bas, ou bien des sociétés qui ont des PE élevés avec beaucoup de liquidités et de la croissance. En revanche, l’investisseur obligataire à cash-spread de crédit constant, lorsque les taux montent, se voit perdre en valeur de marché.

Sur les marchés actions, la tendance est guidée par les multiples ainsi que par la trajectoire microéconomique. Aujourd’hui, nous ne sommes pas encore en récession et il n’y a pas, encore, de catastrophes visibles dans les résultats des entreprises, la classe d’actifs des actions semble donc moins en danger.

Le scénario le plus néfaste pour le marché actions serait une entrée en récession des États-Unis et/ou de l’Europe.

Retrouvez régulièrement les interventions d’Igor DE MAACK et du cabinet de conseil en gestion de patrimoine Vitalépargne sur B SMART.

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