Investir à long terme : La clé de la réussite

Dans notre société moderne, l’instantanéité est devenue la norme, offrant la possibilité d’obtenir tout ce que nous désirons, quand nous le souhaitons et de la manière qui nous convient. En quelques clics, il est possible de faire ses courses pour la semaine, de trouver un nouveau partenaire ou encore de réserver un vol pour l’autre bout du monde. Cette rapidité est avantageuse à bien des égards : elle nous permet de gagner du temps, de rester connectés avec notre entourage et d’accéder à une quantité incroyable d’informations.

Bien que les smartphones rendent notre vie plus facile, leur utilisation a un coût élevé. Le cerveau humain est conçu pour recevoir des coups de dopamine, l’hormone du plaisir. De nos jours, nos smartphones sont notre source principale de dopamine numérique. Selon le Dr Anna Lembke, professeure de psychiatrie et de sciences comportementales à l’université de Stanford, la dopamine numérique injectée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 entraîne une surstimulation du système limbique (la partie du cerveau qui contrôle les réactions émotionnelles) et une diminution du cortex préfrontal (la partie qui est responsable du contrôle des impulsions, de la planification à long terme et du report de la gratification). Cette surstimulation peut causer de l’agitation et de l’impatience, et nous distraire d’activités plus significatives qui nécessitent de la patience et de la persévérance, comme la lecture d’un bon livre jusqu’à la fin, l’apprentissage d’une nouvelle compétence ou l’investissement avec une vision à long terme.

Pour aller plus loin, certaines études indiquent que la capacité à retarder la satisfaction est positivement corrélée à une plus grande réussite à long terme. Connu sous le nom de “test du marshmallow” de Walter Mischel, cet exemple implique de donner un marshmallow à des enfants et de leur promettre un deuxième s’ils résistent à la tentation de manger le premier pendant 15 minutes. Des études ultérieures ont révélé que les enfants qui ont mieux contrôlé leurs impulsions avaient plus de chances de réussir plus tard en obtenant de meilleurs résultats aux examens, en fonctionnant mieux socialement et cognitivement, et en réussissant dans de nombreux autres domaines de la vie.

Malgré les avancées en Sciences Humaines, notre myopie contemporaine semble avoir pris le pas. Les gestionnaires professionnels chargés d’investir des milliards de dollars pour le compte d’autrui ainsi que les investisseurs individuels gérant leurs propres portefeuilles se sont révélés tout aussi sensibles aux biais psychologiques. Les deux sont enclins à une réflexion à court terme. De nombreux fonds d’investissement, par exemple, engagent des gestionnaires de fonds professionnels et mesurent leur performance sur une base trimestrielle, ce qui conduit à des décisions à court terme. Inévitablement, cela encourage les gestionnaires à chasser ce qui est à la mode et à ne pas respecter les principes d’investissement disciplinés.

La combinaison de notre désir ancestral de devenir rapidement riches et de la rapidité des communications télévisées et Internet actuelles signifie que nous sommes de plus en plus préoccupés par les événements et les résultats à court terme. Malheureusement, cela nous conduit à être moins disciplinés, engendrant plus de spéculation, plus de risques et plus de dangers. Nous sommes constamment submergés par des données provenant d’une multitude de sources. Bien que notre appétit pour l’information ait augmenté, notre capacité à attendre et à anticiper a diminué. La plupart des gens s’accordent à dire que les actions sont un bon investissement à long terme, mais la majorité d’entre eux ne les détiennent pas longtemps. Pourquoi ? Une partie de la raison pourrait être liée aux messages mitigés que les investisseurs reçoivent des professionnels et des médias financiers. D’une part, il est conseillé aux investisseurs de garder le cap et de s’accrocher sur le long terme. D’autre part, ils reçoivent des conseils pour atteindre rapidement la richesse, avec des guides pour changer de voie et suivre les dernières tendances.

Les fluctuations de prix qui se produisent au jour le jour peuvent représenter un véritable défi pour les investisseurs à long terme qui cherchent à se concentrer sur la valeur réelle du marché. Pour les investisseurs rationnels, les variations de prix quotidiennes sont généralement insignifiantes, sauf si elles atteignent un « niveau d’achat » qui offre une solide marge de sécurité. Toutefois, il est souvent difficile de garder cela en tête lorsque les gros titres des journaux, les bulletins d’information à la télévision, ou les commentaires des amis et des collègues s’attardent sur les derniers soubresauts du marché. Comme le dit James O’Shaughnessy, « Nous sommes pleins d’incohérences, et bien que cela ait tendance à nous rendre intéressant, cela détraque notre capacité à investir notre argent avec succès » .Nous sommes là pour vous rappeler les bases, c’est d’ailleurs notre métier.

Au-delà de nos simples considérations, il nous semble important de vous apporter des armes pour lutter contre notre nature humaine. Nous avons, par conséquent, réuni trois principes solides pour vous aider à maintenir une stratégie d’investissement disciplinée et patiente. Le premier consiste à comprendre les biais psychologiques auxquels nous sommes tous confrontés. Le deuxième consiste à apprendre de l’histoire et des faits tangibles. Le troisième consiste à s’inspirer des plus grands investisseurs.

APPRENDRE DE L’HISTOIRE

L’investissement, tel un art complexe, se déploie au sein d’un écosystème foisonnant d’options et d’opportunités. Loin des frénétiques soubresauts des marchés financiers, nous avons décidés de vous présenter les différentes évolutions par classes d’actifs d’investissement sur le long terme. Cette approche trouve son fondement dans la prudence et la perspicacité, contribuant à une démarche que nous souhaitons empreinte de sagesse et de probité.

La figure 1 présente le pourcentage de périodes négatives en fonction des horizons d’investissement (période : décembre 1964 / octobre 2023). Comme la logique le suppose, plus l’horizon d’investissement est long, plus le risque de perte est faible. 

Figure 1:Le portefeuille Value-Quality[3] est représenté par la société de Warren Buffett[1], le S&P 500 dividendes réinvestis représente le principal indice boursier américain.

Cette vision délibérément orientée vers l’avenir contraste avec les volatilités et les bruits à court terme des marchés. En privilégiant le long terme, les investisseurs se distancient des fluctuations passagères et des émotions qui peuvent engendrer des décisions impulsives et préjudiciables. Comme l’a observé Buffett avec sa clairvoyance caractéristique, « La patience est la meilleure alliée de l’investisseur à long terme ».

En outre, nous pensons qu’en adoptant une perspective à long terme, l’investisseur acquiert également une meilleure appréciation du pouvoir de la croissance exponentielle. Les intérêts composés[2], décrits par Einstein comme la « huitième merveille du monde », sont plus significatifs lorsqu’ils ont le temps de s’exprimer pleinement. La valeur intrinsèque d’un investissement se déploie alors graduellement, capturant les gains qui peuvent sembler modestes à court terme mais qui, sur des horizons plus longs, se transforment en avancées substantielles.

La présentation historique des performances des différentes classes d’actifs d’investissement sur le long terme incarne, il nous semble, une orientation sage et prudente. Elle se révèle être une stratégie qui dépasse les éphémères turbulences des marchés, privilégiant la croissance progressive, l’avantage compétitif durable, et l’appréciation des intérêts composés. Comme l’a mentionné Rabelais, « Le temps mûrit toute chose ; par le temps, toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité. »

La figure 2 présente l’évolution de 100K€ sur 22 années. Le constat à long terme est limpide, une stratégie Value-Quality présente un rendement annualisé de 13,36% soit 1478% contre un rendement annualisé de 4,90% pour l’immobilier soit 186%.

Figure 2 : Évolution de 100K€ sur la période décembre 1999 / décembre 2022.

La figure 3 affiche le pourcentage de périodes négatives en fonction de divers horizons d’investissement sur la période 1999-2022. Bien qu’intuitivement l’immobilier puisse sembler plus sûr que la bourse, au regard de l’histoire, cette affirmation n’est pas tout à fait exacte. L’immobilier peut apparaître plus stable que la bourse, car les fluctuations des valeurs immobilières ne sont pas aussi visibles que celles des cours boursiers. Les cours des actions changent constamment et sont facilement accessibles via diverses plateformes numériques, ce qui permet aux investisseurs de suivre plus facilement la performance de leur portefeuille. Le risque de l’investisseur à long terme est de regarder de manière frénétique le cours de la bourse et d’oublier la puissance de cet investissement sur le long terme.

Figure 3: Le portefeuille Value-Quality est représenté par le fonds Indépendance et Expansion France. Les données immobilières utilisées proviennent des études de Seloger.

En outre, il nous paraît important de vous partager un écrit de Warren Buffett traitant de l’attitude à adopter avec le marché boursier : 

“Ben Graham, mon ami et enseignant, a décrit il y a longtemps l’attitude mentale à l’égard des fluctuations du marché qui, à mon avis, est la plus propice au succès des investissements. Il a dit que vous devriez imaginer les cotations du marché comme provenant d’un homme remarquablement accommodant, M.Marché, qui est votre partenaire dans une entreprise privée. Sans faute, M.Marché apparaît quotidiennement et nomme un prix auquel il achètera votre intérêt ou vous vendra le sien.

Même si l’entreprise que vous possédez tous les deux peut avoir des caractéristiques économiques stables, les cotations de M.Marché seront différentes. Car, triste à dire, le pauvre garçon a des problèmes émotionnels incurables. Parfois, il se sent euphorique et ne voit que les facteurs favorables de l’entreprise. Dans cette humeur, il propose un prix d’achat-vente très élevé, car il craint que vous ne vous intéressiez à lui et que vous ne lui voliez des gains imminents. À d’autres moments, il est déprimé et ne voit que des problèmes à venir pour les affaires et le monde. À ces occasions, il nommera un prix très bas, car il est terrifié à l’idée que vous déchargiez votre intérêt sur lui.

M.Marché a une autre caractéristique attachante: cela ne le dérange pas d’être ignoré. Si sa proposition ne vous intéresse pas aujourd’hui, il reviendra demain avec une nouvelle. Les transactions sont strictement à votre discrétion. Dans ces conditions, plus son comportement est maniaco-dépressif, mieux c’est pour vous.

Mais, comme Cendrillon au bal, vous devez tenir compte d’un avertissement ou tout se transformera en citrouilles et en souris: M.Marché est là pour vous servir, pas pour vous guider. C’est son portefeuille, pas sa sagesse, que vous trouverez utile. S’il se présente un jour dans une humeur particulièrement folle, vous êtes libre de l’ignorer ou de profiter de lui, mais ce sera désastreux si vous tombez sous son influence.”

BIAIS PSYCHOLOGIQUES

Charlie Munger (le mythique associé de Warren Buffet) a été interrogé pour expliquer son succès remarquable en matière d’investissement. En réponse, il a simplement déclaré qu’il était « rationnel ». Selon la théorie financière classique, tous les investisseurs sont censés être rationnels, en utilisant toutes les informations disponibles pour prendre des décisions économiques. Toutefois, la théorie de la finance comportementale remet en question cette notion et tente d’expliquer les facteurs émotionnels et psychologiques qui peuvent conduire à des décisions d’investissement irrationnelles.

En pratique, les investisseurs peuvent prendre des décisions d’investissement sous-optimales en raison de leur comportement irrationnel. La finance comportementale identifie divers biais comportementaux et vise à aider les investisseurs à surmonter ces obstacles afin d’améliorer l’efficacité de leurs décisions financières. Il est donc crucial de comprendre et de surmonter ces biais pour atteindre vos objectifs financiers. Les paragraphes suivants décrivent certains des biais psychologiques les plus courants.

Aversion aux pertes

L’aversion aux pertes est l’un des biais psychologiques couramment observés chez les investisseurs. Ce biais se réfère à la tendance des investisseurs à réagir de manière disproportionnée aux pertes par rapport aux gains. En d’autres termes, les investisseurs ont tendance à ressentir une douleur plus intense lorsqu’ils subissent une perte par rapport à la satisfaction qu’ils éprouvent lorsqu’ils réalisent un gain équivalent.

Comportement de troupeau

Le comportement grégaire, également connu sous le nom de « preuve sociale », fait référence à la tendance des investisseurs à imiter les actions des autres, en particulier lorsqu’ils manquent de confiance en leur propre jugement. Ce comportement est enraciné dans le désir humain de se conformer et d’éviter l’exclusion sociale. En conséquence, les investisseurs peuvent suivre la foule, même si cela va à l’encontre de leur meilleur jugement.

Effet d’élan

L’effet momentum[4] fait référence à la tendance des investisseurs à suivre la foule et à investir dans des actifs qui ont récemment enregistré de bonnes performances. Ce phénomène repose sur l’hypothèse selon laquelle les performances passées sont révélatrices du succès futur. En conséquence, les investisseurs investissent souvent dans des actions ou d’autres actifs qui ont connu une croissance rapide, faisant grimper les prix et créant un cycle qui s’auto-renforce. Cependant, cette approche peut conduire à une surévaluation et éventuellement à une forte correction.

Biais de confirmation

Le biais de confirmation est la tendance à rechercher des informations qui confirment nos croyances et opinions préexistantes tout en ignorant les preuves contradictoires. En tant qu’investisseurs, nous sommes souvent victimes d’un biais de confirmation lorsque nous interprétons de manière sélective les données pour étayer nos décisions d’investissement, en écartant toute information qui remet en question nos opinions. Ce biais peut conduire à se concentrer uniquement sur les nouvelles positives et à ignorer les signaux d’alarme potentiels, ce qui aboutit finalement à des portefeuilles mal diversifiés.

Biais d’ancrage

Le biais d’ancrage se produit lorsque nous nous appuyons trop sur la première information que nous recevons, en l’utilisant comme point de référence pour toutes les décisions ultérieures. Par exemple, un investisseur peut ancrer ses attentes concernant la performance d’une action sur la base de son prix d’introduction en bourse, plutôt que de prendre en compte les fondamentaux de l’entreprise. Ce biais peut amener les investisseurs à trop insister sur les gains ou les pertes à court terme, ce qui conduit à des décisions impulsives d’achat ou de vente.

Termes et définitions
1. Warren Buffett. Warren Buffett est un investisseur américain et l’un des plus grands actionnaires de contrôle de Berkshire Hathaway. Il…
2. intérêts composés. Les intérêts composés, également appelés “intérêts sur intérêts”, sont un concept financier important qui se réfère à la…
3. Value-Quality. Un portefeuille “Value-Quality” est une stratégie d’investissement qui combine deux approches majeures de sélection d’actions : l’investissement axé…
4. momentum. Le momentum est une mesure quantitative qui indique la vitesse et la quantité de mouvement d’un actif ou…

Rechercher un fonds

NomISINCatégoriePerf.YTD
Gay-Lussac Microcaps A FR0010544791 Actions Euro. Microcaps -1.38 %
Pictet – Clean Energy (P) LU0280435388 Actions techno. 1.59 %
Auris Euro Rendement R EUR Acc LU1599120273 Obligations Europe 0.36 %
Ofi Invest ISR Valeurs Euro IC FR0007045604 Actions Zone Euro 4.41 %
Invesco Euro Equity Fund A Dist LU1240328903 Actions Zone Euro -0.21 %
ODDO BHF Metropole Euro SRI A FR0010632364 Actions Zone Euro 2.02 %
Amundi Funds Euroland Equity R Eur LU1883305846 Actions Zone Euro 3.81 %
Lazard Actions Euro IC FR0010259945 Actions Zone Euro 6.08 %
DNCA Opportunités Zone Euro C FR0012316180 Actions Zone Euro 0.97 %
Echiquier Value Euro A FR0011360700 Actions Zone Euro 0.61 %
Goldman Sachs Eurozone Equity Income R EUR Cap LU1273028123 Actions Zone Euro 3.48 %
R-co Conviction Equity Value Euro C Eur FR0010187898 Actions Zone Euro 0.09 %
Sycomore Fund Sustainable Tech RC EUR LU2181906426 Actions techno. 15.99 %
ODDO BHF Artificial Intllgnc CR-EUR LU1919842267 Actions techno. 10.64 %
CPR Invest Glbl Dsrpt Opp A EUR Acc LU1530899142 Actions techno. 11.30 %
BGF Next Generation Technology A2 EUR H LU1861216510 Actions techno. 6.60 %
EdR SICAV Tech Impact A EUR FR0013488244 Actions techno. 4.31 %
Janus Henderson Glb Tech&Inno A2 HEUR IE0002167009 Actions techno. 12.36 %
Tocqueville Global Tech ISR C FR0013529914 Actions techno. 15.22 %
Allianz Cyber Security WT H2 EUR Acc LU2357305882 Actions techno. 7.13 %
Echiquier Artificial Intelligence B EUR LU1819480192 Actions techno. 14.29 %
Mélanion BTC Equities Universe UCITS ETF EUR FR0014002IH8 Cryptos -5.72 %
TOBAM Bitcoin CO2 Offset Fund A1 FR0013293859 Cryptos 35.63 %
La Française Carbon Impct Flt Rt TC USDH FR001400D724 Obligations Europe 1.36 %
Carmignac Pf Flexible Bond A USD Acc H LU0807689749 Obligations Europe 0.53 %
Income Euro Selection P FR0010363648 Obligations Europe 1.90 %
Ostrum Euro ABS Opportunities I(C) EUR FR0010286195 Obligations Europe 1.45 %
DNCA Invest Credit Conviction N EUR LU1234712617 Obligations Europe 1.33 %
Hottinguer Oblig C FR0010269803 Obligations Europe 1.38 %
Ecofi Taux Variable C FR0011045137 Obligations Europe 1.22 %
Octo Crédit Value C FR0013192622 Obligations Europe 1.25 %
GS European ABS – I Cap EUR LU1900228542 Obligations Europe 2.09 %

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Prec.
Point Marché Hebdo
Suiv.
États-Unis : une déconnexion exceptionnelle entre le marché immobilier ancien et neuf
Plus de publications