Aperçu de la réserve fédérale américaine (Fed)

Jusqu’où peut aller la Fed ?

Il n’y a plus de doute. Jerome Powell préfère qu’on se souvienne de lui comme d’un second Paul Volcker plutôt que d’un second Arthur Burns (président de la Fed de 1970 à 1978), admettant désormais que sa lutte contre l’inflation pourrait déclencher une récession. Le président de la Fed s’est engagé à « continuer jusqu’à ce que le travail soit fait », invoquant le titre des mémoires de Volcker « Keeping at it ».

Dès lors, la porte est ouverte à toutes les suppositions concernant les futures hausses des taux et le marché craint le pire. A l’époque, quand Carter nomme Volcker à la direction de la Fed (juillet 1979), celui-ci décide d’inverser la politique monétaire américaine. Le résultat de la politique Volcker est le relèvement du taux d’intérêt et, de là, celui du taux de change du dollar : le taux d’intérêt nominal à court terme passe de 7,4 % en 1978 à 14 % en 1981, le taux à long terme de 7,9 % à 12,9 %. Ainsi, la question est de savoir si Jerome Powell a une capacité sans limite dans sa normalisation. Les États-Unis ont connu une période de très forte inflation dans les années 1970 et jusqu’au début des années 1980. La hausse des prix avait frôlé les 15 % sur un an. Jerome Powell a évoqué « ce que Paul Volcker et la Fed ont fait pour enfin maîtriser l’inflation après plusieurs tentatives infructueuses », soulignant que « le public en était venu à considérer une inflation plus élevée comme la norme et à s’attendre à ce qu’elle continue ».

En premier lieu, quels sont les objectifs de la Banque centrale américaine ? 

Plus l’inflation reste élevée dans le temps, plus le risque qu’elle s’enracine s’accroît. En réponse, la Fed devra se montrer encore plus “hawkish” pour la ramener à un niveau plus raisonnable. La consommation résiste pour le moment. Elle résiste même trop pour la Réserve Fédérale qui souhaite coûte que coûte ralentir les catalyseurs inflationnistes sous toutes ses formes malgré la « douleur » que ceux-ci pourraient causer. Les ménages ont solidifié leur situation financière pendant la pandémie du fait des transferts publics, de la constitution d’une épargne forcée et d’un marché de l’emploi robuste.

Taux de chômage US

Source : Bloomberg, Groupe Richelieu

Le marché de l’immobilier a bénéficié de la liquidité abondante depuis 2020. L’indice Case-Shiller établi par Standard & Poor’s, qui mesure la valeur nominale du marché de l’immobilier résidentiel dans vingt régions métropolitaines des États-Unis, progresse de 44 % depuis mars 2020. Si cette hausse annualisée de 17 % amplifie l’effet richesse, elle n’est pas sans conséquence néfaste. Les loyers ainsi que les prix de vente ont augmenté en raison de la liquidité historique injectée par la Fed les deux dernières années. En effet, la composante liée à l’immobilier contribue toujours très positivement à l’inflation du fait d’une latence importante entre la chute de l’activité (qui a débuté depuis plusieurs mois) et son effet sur les prix. La composante logement hors énergie (les loyers principalement) est à +0,72 % en variation mensuelle en août. Du jamais vu depuis 22 ans ! L’immobilier représente 32 % des chiffres d’inflation sous-jacente. Ce chiffre en particulier est important et inquiétant car il montre que la composante « logement » peut augmenter dans des proportions qui n’avaient pas été observées jusque-là.

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