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La bataille de l’inflation

inflation transitoire | Les actualités économiques et financières

 La crise russe a définitivement ruiné les espoirs d’une inflation transitoire et d’un reflux en cours d’année vers des niveaux pré-crise Covid, en ligne avec les prévisions et objectifs des banques centrales.

Partout dans le monde, les indicateurs progressent. En Europe, la situation est très préoccupante et semble hors de contrôle en raison des prix de l’énergie : l’écart entre l’indice headline et l’indice core est à 4,5 points sur la base des données publiées le 1er avril, l’indice headline ressortant à 7,5%. On venait de 5,8%, on attendait 6,7% !

Cette situation rend particulièrement ardue la tâche des banques centrales alors que, jusqu’à maintenant, l’activité a plutôt été bien orientée, aux Etats-Unis du fait de l’emploi et en Europe grâce au rebond de la consommation.

L’avenir reste incertain en raison des risques sur la propension des ménages à consommer (une hausse de l’épargne de précaution serait à craindre) ou des entreprises à investir dans un contexte de forte incertitude politique et géopolitique, sans compter les pénuries dans la chaîne de valeur.

Les évolutions de la forme des courbes des taux soulignent d’ailleurs les craintes (pas forcément les anticipations) d’une récession possible à horizon de 18 mois aux Etats-Unis.

Finalement, s’il devait rester une seule certitude, ce serait de favoriser les investissements dans la transition et la sobriété énergétique. Maintenant qu’un conflit de moyen long terme n’est plus écarté en Ukraine, les valeurs associées à ces thématiques repartent de l’avant. Notons que cette industrie est fortement dépendante des matières premières issues de la Russie.

L’escalade autour de la non-acceptation du rouble (la devise a progressé de 20,5% contre dollar sur la semaine) par les Occidentaux pour régler la facture de gaz russe est un vrai sujet de préoccupation par rapport à notre scénario de croissance en Europe. En effet, sa prévision a certes déjà baissé, mais elle est amenée à baisser davantage par rapport à nos prévisions d’il y a 3 mois. Cela dépendra des prix des matières premières. Néanmoins, une suspension des livraisons de gaz aurait des effets dévastateurs sur l’économie européenne, car il ne sera pas possible de trouver d’autres fournisseurs pour ce même volume en dépit des mesures volontaristes prises par l’Union européenne. Il devient néanmoins possible que certains pays de la zone optent pour cet embargo pour augmenter le niveau de sanctions à l’encontre de la Russie. Le risque de récession en Europe augmenterait en conséquence.

Les marchés financiers restent bien orientés en dépit des incertitudes géopolitiques (Russie) et économiques liées à l’inflation et à la forte volatilité des prix des matières premières : baisse du pétrole de 13,5%, hausse du gaz européen de 10,7%. Sur la semaine, les actions ont progressé de 0,3% (MSCI World), soutenues par l’Europe (MSCI Europe +1%) et les marchés émergents (MSCI EM +0,9%). Les taux américains se détendent. Après un pic à 2,47%, le T Note 10 ans s’inscrit en baisse de 9 points de base (pbs), à 2,38% en dessous du 2 ans, à 2,46% (+19 pbs). Le taux à 10 ans du Bund ressort à 0,56% (-3 pbs). 

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Directeur de la gestion chez Ecofi

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